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Histoire des croisades

  • Historiographie et thèmes de recherche

    Benjamin Weber, 20 janvier 2020

    S’il ne s’est jamais vraiment démenti, l’intérêt pour l’histoire des croisades a toujours connu des regains liés à des préoccupations contemporaines : inquiétudes nées des conquêtes ottomanes aux XVe et XVIe siècles ou colonisation européenne à la fin du XIXe et début du XXe siècle. Depuis le début des années 1990, l’intensification des conflits proches-orientaux et les questionnements sur la place de l’Islam dans les sociétés occidentales a relancé l’attention des chercheurs en Europe et aux États-Unis. Prépondérante dans l’historiographie jusqu’au milieu du XXe siècle, l’histoire militaire tend alors à laisser le pas à d’autres approches, en termes d’histoire religieuse, d’anthropologie historique ou d’histoire globale et/ou connectée. Dominique Valérian ayant déjà fourni une synthèse de la question des croisades, on essaiera ici de souligner les principaux aspects de cette abondante bibliographie (inégale par sa valeur comme sa nouveauté) en lien avec l’histoire militaire, sans prétention à l’exhaustivité.

    Les grands enjeux historiographiques

    C. Tyerman (2011) a fourni une synthèse historiographique solide. Les paragraphes qui suivent se limitent à souligner le lien avec l’histoire militaire de quelques grandes tendances.

    Croisade et identité

    Au XIXe siècle, l’histoire des croisades s’affirme dans un double contexte, d’élaboration d’une méthode disciplinaire et de constructions et compétitions nationales. Si l’historiographie allemande est dominée par le premier (E. Röhricht, H. Hagenmayer), les travaux français portent fortement la marque du deuxième. L’histoire des croisades cherche à produire le récit de héros conquérants, singuliers ou collectifs, ayant su faire rayonner la grandeur de leur nation dans le monde. Les croisades sont alors avant tout perçues comme une geste militaire, parallèle ou précurseur des colonisations européennes. Certains de ces travaux n’en demeurent pas moins importants, par exemple les études de Paul Riant et la « société de l’Orient Latin » (fondée en 1875) ou, plus tard, de R. Grousset. Plus récemment plusieurs chercheurs ont cherché à mettre en valeur la participation d’autres « nations » dans la croisade : Italie (A. Musarra), Danemark (J. M. Jensen), Pologne (M. Gladysz), Chypre (P. Edbury)… Moins centrés sur l’histoire militaire et moins marqués par un nationalisme de combat, ces travaux mettent en relief la tension existante entre les prétentions universalistes de la croisade et les enjeux régionaux ou nationaux.
    La question de l’identité reste au cœur de l’histoire de croisade. S’il faut laisser de côté les analyses trop idéologiques essentialisant le combat de la chrétienté contre l’islam, plusieurs études ont montré comment la croisade participait à la construction des identités médiévales, quelle qu’en soit l’échelle, par une définition du soi par rapport à l’autre, qu’il soit musulman, hérétique, juif ou chrétien oriental. L’approche est plus anthropologique mais le rôle de la guerre et du combat demeure fort, voire fondamental, comme moment et moyen de cristallisation de ces identités.

    Origines et élaboration de l’idée de croisade

    Le travail fondateur de C Erdmann a ouvert la question des origines et de la formation de l’idée de croisade et donc de la plus ou moins grande nouveauté de l’appel de 1095. Le sujet est demeuré longtemps au cœur des questionnements (M. Villey) et a donné lieu plusieurs synthèses à la fin du XXe siècle, sur la sacralisation de la guerre par l’Église (J. Flori, 2001), la place de la croisade dans les pratiques chevaleresques (M. Bull, 1993), la construction progressive de l’idéologie de croisade (C. Tyerman, 1998). Moins prégnantes aujourd’hui, ces questions demeurent examinées sous des angles nouveaux, telle la présence du religieux dans les combats (E. Lapina) ou la perception de la croisade par les croisés eux-mêmes (S. Throop).

    Définition(s) de la croisade

    Ces travaux ont également soulevé la question de la relation entre la croisade et les autres formes de guerre sainte et donc de la définition même de la croisade : on verra sur ces questions l’article synthétique de Daniel Baloup « De l’usage de la croisade et de la guerre sainte au Moyen Âge ». Le débat est aujourd’hui peu présent dans la recherche et la séparation traditionnaliste/pluralistes apparaît de plus en plus artificielle. Il semble admis que l’Église ou des pouvoirs laïcs ont tenté d’étendre la croisade à de nombreux autres fronts mais la recherche se tourne vers une comparaison attentive des réalités de ces différents fronts et la chronologie, l’extension et la réception de cette extension. La croisade apparaît donc bien comme un mouvement européen, mais il faut prendre garde à la spécificité des différents fronts. Les études de détail ont été nombreuses, sur la péninsule Ibérique, sur l’Occitanie (E. Graham-Leigh, M Meschini) ou le nord de l’Europe (I. Fonnesberg-Schmidt, A. Murray, 2000) mais les perspectives comparées demeurent plus rares (W. Purkis, T Kjersgaard Nielsen et I. Fonnesberg-Schmidt).

    Quelques thèmes de recherches actuels

    Réduire la diversité et la richesse de la recherche actuelle à quelques thèmes et titres est un exercice nécessairement subjectif et incomplet. Les 4 volumes de l’encyclopédie dirigée par A. Murray, 2005 offrent des entrées thématiques qui complèteront les quelques points abordés ici.

    Histoire militaire et logistique

    Déconsidérée comme « histoire bataille », l’histoire militaire a été délaissée par les études depuis un demi-siècle : les travaux de J. Pryor, centrés sur la navigation, ou l’œuvre de J. France sur la première croisade sont longtemps restés isolés. Le renouveau de l’histoire militaire ne touche que lentement l’histoire des croisades et les synthèses peinent à émerger à partir d’articles nombreux mais disparates. La stratégie déjà étudiée pour les périodes les plus tardives (A. Lépold, S. Stantchev) intéresse de plus en plus les chercheurs avec une attention croissante aux problèmes de logistique (la thèse de J. Roche sur la deuxième croisade est cependant inédite) ou à la la poliorcétique (de très nombreux articles que l’ouvrage de Fulton ne rend pas obsolètes). Les études récentes sur la guerre dans le monde musulman (M. Eychenne et A. Zouache) permettent de repenser les transferts entre armées occidentales et orientales sans que, là encore, de travail synthétique n’ait été entrepris.
    En revanche, la multiplication des travaux archéologiques a permis un renouveau important de la castellologie, en particulier des réflexions sur les techniques de construction, les systèmes de défense fortifiés des États latins comme musulmans et les échanges entre ces mondes (voir sur ce point les références bibliographiques sur le site Crusader Castles ou les pages web consacrées à des chantiers spécifiques comme celles d’A. Boas sur le Château de Montfort).

    Les ordres militaires

    Le renouveau profond dont a bénéficié l’étude des ordres religieux militaires depuis un quart de siècle peut s’apprécier par la consultation du dictionnaire dirigé par N. Bériou et Ph. Josserand. Les travaux n’ont pas cessé depuis dans une grande variété de domaines dont beaucoup sont étroitement liés à l’histoire militaire : la spiritualité guerrière des ordres, l’organisation logistique au service du front en Orient, la gestion des États militaires en Prusse, à Rhodes ou à Malte, l’évolution des stratégies, en particulier la vision des ordres militaires comme armée permanente en Terre sainte ou la guerre maritime menée par l’Hôpital… Cette vitalité se manifeste dans des colloques réguliers, en particulier les conférences quadriennales organisées par le London Centre for the Study of the Crusades, Military Religious Orders and the Latin East et les conférences biennales organisées à Torùn. Toutes font l’objet de publication systématique.

    La société d’outre-mer

    La question de la société établie par les Francs en Terre sainte remonte au XIXe siècle et a été revue par plusieurs auteurs dans les années 1950-1970 en particulier J. Richard, J. Prawer ou J. Riley-Smith (1973), positions discutées plus récemment par R. Ellenblum. Dans un contexte marqué par la question coloniale (en Europe et plus encore en Israël), les problématiques soulevées par ces travaux sont éminemment sensibles, encore de nos jours : l’originalité de la société d’outre-mer par rapport la féodalité occidentale, les rôles de ses différentes composantes (chevaliers, bourgeois, paysans), l’enracinement des Francs en Terre sainte et leur mise en valeur du territoire, leurs relations avec les populations locales (musulmans, juifs ou chrétiens d’Orient). La multiplication des études de détail –étendues à l’ensemble des communautés franques d’Orient, en Grèce, Arménie, Égypte…- et la prise en compte des apports récents de l’archéologie de sites francs comme arabes, devrait permettre de jeter un regard nouveau, détaché autant que faire se peut des questions idéologiques, sur ces questions étroitement liés à l’histoire militaire vu le contexte d’établissement et de maintien de ces sociétés.
    Les relations entretenues par ces sociétés avec l’Occident ne se limitent pas aux huit croisades officiellement comptabilisées : elles sont en réalité permanentes avec l’arrivée régulière de pèlerins, marchands, chevaliers très souvent mis à contribution dans les activités militaires. Ce lien étroit et continu entre Orient et Occident demeure peu traité, malgré les études de J. Riley Smith (1997) et J. Phillips.

    Croisade et histoire du genre

    Bien que de nombreuses études de détail aient été consacrées au rôle des femmes dans la croisade, les vues développées par la Gender history ont permis de renouveler ces questions depuis deux décennies, en particulier avec les travaux de S. Edington et S. Lambert, S. Geldsetzer ou N. Hodgson. Ces thématiques concernent souvent directement l’histoire militaire, qu’il s’agisse d’évoquer les femmes au combat, le rôle des femmes dans les armées ou, à l’inverse, la construction d’une image de la masculinité dans le rôle du combattant.

    Nouvelles sources ou nouvelles approches

    Le renouveau de la recherche se fait également par l’examen de nouvelles sources. Déjà évoquée, la prise en compte des apports archéologiques demeure fondamentale, même si elle est rendue difficile par la situation politique de nombreux pays du Proche Orient (mais les campagnes de fouilles sont nombreuses en Israël, Liban, Jordanie, Turquie, Égypte…) et par le problème, récurrent, de la disponibilité des rapports de fouilles.
    Les sources littéraires font également l’objet de réexamens récents : L Paterson, L. Chollet ou A. Bale présentent des synthèses stimulantes sur ce sujet qui développent la réception de la croisade et la transmission de sa mémoire. Une optique assez similaire amène à reconsidérer les sources plus traditionnelles, notamment les chroniques en termes de transmission, utilisation et construction d’une mémoire de la croisade. Les travaux de J. Flori (2010) et M. Bull (2018) sur les premières croisades ou de P. Handyside sur l’Histoire d’Eracles Empereur trouvent des échos dans l’analyse des mémoires de la croisade par N. Paul ou dans le volume dirigé par M. Cassidy Welch. On peut rapprocher ces questions de l’analyse des sources visuelle : les études anciennes sur l’enluminure ont été renouvelées, notamment par le recueil dirigé par E. Lapina, mais le domaine demeure encore largement à explorer. Si elles relèvent avant tout de l’histoire sociale, ces travaux intéressent l’histoire militaire en traitant de la mémoire d’évènements guerriers et de leur utilisation pour la construction d’une identité chevaleresque.

    Liste des œuvres citées

    Cette section ne prétend pas être une bibliographie complète, ni même une liste de premiers instruments de travail sur l’histoire des croisades. Il s’agit d’une simple reprise alphabétique des œuvres citées dans l’article, réunies ici pour des facilités de lecture.
    • A. Bale, The Cambridge Companion to Literature of the Crusades, Cambridge, 2019
    • N. Bériou et P. Josserand, Prier et combattre. Dictionnaire européen des ordres militaires au Moyen Âge, Paris, 2009
    • M. Bull, Knightly Piety and the Lay Response to the First Crusade : The Limousin and Gascony, ca. 910-c. 1130, New-York, 1993
    • M. Bull, Eyewitness and Crusade Narrative : Perception and Narration in Accounts of the Second, Third and Fourth Crusades, Woodbridge, 2018
    • M. Cassidy-Welch, Remembering the Crusades and Crusading, Routledge, 2017
    • L. Chollet, Les Sarrasins du Nord. Une histoire de la croisade balte par la littérature (XIIe-XVe siècle), Genève, 2019
    • P. Edbury, The Kingdom of Cyprus and the Crusdes, 1191-1374, Cambridge, 1991
    • S. Edington et S. Lambert, Gendering the Crusades, Cardiff, 2001
    • R. Ellenblum, Frankish Rural Settlement in the Latin Kingdom of Jerusalem, Cambridge, 1999
    • C Erdmann, Die Enstehung des Kreuzzugsgedanken, Stuttgart, 1935
    • M. Eychelle et A. Zouache, La guerre dans le Proche Orient médiéval. État de la question, lieux communs, nouvelles approches, Le Caire, 2015
    • J. Flori, La guerre sainte. La formation de l’idée de croisade dans l’Occident chrétien, Paris, 2001
    • J. Flori, Chroniqueurs et propagandistes. Introduction critique aux sources de la première croisade, Paris, 2010
    • I. Fonnesberg-Schmidt, The Popes and the Baltic Crusades, 1147-1254, Leiden, 2007
    • J. France, Victory in the East. A Military History of the First Crusade, Cambridge, 1994
    • M. Fulton, Artillery in the Era of the Crusades. Siege Warfare and the Development of Trebuchet Technology, Leiden, 2018
    • S. Geldsetzer, Frauen auf Kreuzzügen, 1096-1291, Darmstadt, 2003
    • R. Grousset, Histoire des croisades et du royaume Franc de Jérusalem, Paris, 1931
    • M. Gladysz, The Forgotten Crusaders : Poland and the Crusader Movement in the Twelfth and Thirteenth Centuries, Leiden, 2012
    • E. Graham Leigh, The Southern French Nobility and the Albigensian Crusade, Woodbridge, 2005
    • J. M. Jensen, Denmark and the Crusades. 1400-1650, Leiden, 2007
    • P. Handyside, The Old French William of Tyre, Leiden, 2015
    • H. Hagenmeyer, Die Kreuzzugsbriefe aus den Jahren 1088-1100, Innsbruck, 1901
    • N. Hodgson, Women, Crusading and the Holy Land in Historical Narratives, Woodbridge, 2007
    • T Kjersgaard Nielsen et I. Fonnesberg-Schmidt (éd.), Crusading on the Edge. Ideas and Practice of Crusading in Iberia and the Baltic Region, 1100-1500, Turnhout, 2017
    • E. Lapina (éd.), The Crusades and Visual Culture, Routledge, 2015
    • E. Lapina, Warfare and the Miraculous in the Chronicles of the First Crusade, University Park, 2015
    • A. Lépopld, How to Recover the Holy Land ? The Crusade Proposals of the Late Thirteenth and Early Fourteenth Centuries, Aldershot, 2000
    • M. Meschini, Innocenzo III e il “negotium pacis et fidei” in Linguadoca tra il 1209 e il 1215, Rome, 2007
    • A. Murray, The Crusades. An Encyclopedia, Santa Barbara, 2006
    • A. Murray, The North-Eastern Frontiers of Medieval Europe : The Expansion of Latin Christendom in the Baltic Lands, Routledge, 2000
    • A. Musara (éd.), Gli Italiani e la Terrasanta, Florence, 2014
    • L. Paterson, Singing the Crusades. French and Occitan Lyric Responses to the Crusading Movements, 1137-1336, Cambridge, 2018
    • N. Paul, To Follow in Their Footsteps. The Crusades and Family Memory in the High Middle Ages, Ithaca, 2012
    • J. Phillips, Defenders of the Holy Land : Relations between the Latin East and the West, 1119-1187, Oxford, 1996
    • J. Prawer, Histoire du royaume Latin de Jérusalem, Paris, 1969-70
    • J. Pryor, Logistics and Warfare in the age of Crusades, Londres, 2006
    • W. Purkis, Crusading Spirituality in the Holy Land and Iberia, c. 1095-c. 1187, Woodbridge, 2014
    • J. Richard, Le royaume latin de Jérusalem, Paris, 1953
    • J. Riley Smith, The Feudal Nobility and the Kingdom of Jerusalem, 1174–1277, Londres, 1973
    • J. Riley Smith, The First Crusaders, 1095-1131, Cambridge, 1997
    • J. Roche, Conrad III and the Second Crusade in the Byzantine Empire and Anatolia, 1147, Ph-D diss., University of St Andrews, 2008
    • E. Röricht, Quinti Belli sacri scriptores minores, Genève, 1879
    • S. Stantchev, Spiritual Rationality. Papal Embargo as Cultural Practice, Oxford, 2014
    • S. Throop, Crusading as an Act of Vengeance, 1095-1216, Farnham, 2011
    • C. Tyerman, The Invention of the Crusades, Londres, 1998
    • C. Tyerman, The Debate on the Crusades, 1099-2010, Manchester, 2011
    • M. Viley, La croisade. Essai sur la formation d’une théorie juridique, Caen, 1942


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  • Ressources en ligne

    Benjamin Weber, 20 janvier 2020

    Ressources bibliographiques

    Aucune équipe de recherche ne dispose aujourd’hui du temps et du financement nécessaires pour faire face au travail de sélection et de tri pour constituer une bibliographie sérieuse et à jour sur les croisades. Les nombreuses tentatives consultables en ligne sont pour la plupart des guides pour les étudiants dans le cadre d’un enseignement universitaire spécifique. Elles demeurent donc partiales et rarement mises à jour.
    • Plusieurs ouvrages bibliographiques ont été rédigés (notamment par Atiya en 1962 et Mc Lellan et Hazard en 1989) et se trouvent aisément en ligne. Leur âge empêche de les utiliser pour une première approche et ils doivent être réservés à une recherche avancée pour (re) mettre à jour des travaux oubliés.
    • À l’inverse, la bibliographie mise en ligne par Paul Halsall permet une première approche d’un sujet et de ses sources : elle a été mise à jour en 2019 mais se limite aux ouvrages en anglais.
    • Un peu plus ancienne, la bibliographie établie par Luigi Russo pour le site Reti medievali (2014) a le mérite d’inclure les travaux français et italiens.
    • Sur le même site, Marco Meschini a dirigé une bibliographie très complète sur la croisade albigeoise mais qui date de 2005 alors que la question a été profondément renouvelée depuis.
    • La History of the Crusades en 6 volumes éditée par l’universite du Wisconsin à partir de 1968 est consultable en ligne. (Remplacer le one de l’adresse par two… pour les volumes suivants). Un peu ancienne dans ses conceptions et explications, elle reste très utile pour la trame évènementielle et les références aux sources.
    On peut tenter de compenser l’impossibilité de se tenir à jour de l’ensemble des publications récentes par la consultation de quelques ressources spécifiques.
    • Le site De Re militari de la Society for Medieval Military History propose d’assez nombreuses recensions d’ouvrages récents, dont beaucoup concernent les croisades.
    • Le site de la Society for the Study of Crusades and the Latin East a été refait récemment et reste relativement pauvre. On y trouve cependant une page utile « archeological and field research project ». Il faut alors se reporter au Bulletin publié annuellement par la société et qui recense (sur une base déclarative), les publications des membres de la société. Depuis 2002, ce bulletin est inséré à la fin de la revue annuelle Crusades, ce qui rend sa consultation relativement aisée. Crusades publie par ailleurs de nombreuses recensions.

    Sources

    • L’Internet Medieval Sourcebook créé par Paul Hastall et hébergée sur le site de l’université de Fordham (New-York) recense un grand nombre de textes, classiques ou plus rares, sur les croisades en anglais avec indication précise de la source. Assez ancien, il ne prend pas en compte les 30 dernières années et se limite aux traductions anglaises. D’une grande utilité pour l’enseignement, l’ensemble a donc peu de valeur pour la recherche.
    • Il en va de même de la collection (bien plus réduite) de sources présentes sur De Re militari de la Society for Medieval Military History.
    • The online medieval sources bibliography est un portail qui permet une recherche et redirection vers les sources éditées (disponibles ou non sur Internet). Nécessairement incomplète, elle est malgré tout régulièrement mise à jour et permet donc de trouver aisément des références (multiples recherches possibles par dates, auteurs, type de source…).
    • Le Recueil des historiens des croisades est une œuvre monumentale entamée en 1833 qui contient 6 volumes d’historiens occidentaux, 2 de lois de Jérusalem, 5 d’historiens orientaux, 2 d’historiens grecs et 2 de documents arméniens. Si l’édition peut être critiquable, notamment du fait que la collation des ms. a été très incomplète, elle reste incontournable car beaucoup de textes n’ont pas été réédités depuis. L’ensemble est aisément accessible en ligne sur Gallica ou Internet Archive (voir la page wikipedia consacrée à la collection pour l’ensemble des liens).
    • La Société de l’Orient Latin a édité les Archives de l’Orient Latin (AOL, 2 volumes, 1881-1884) puis la Revue de l’Orient Latin (ROL, 12 volumes, 1893-1911) qui recueillent un grand nombre de sources. Tous les volumes sont consultables sur Internet Archive (ROL ; AOL) et les 9 premiers des ROL sur Gallica.
    • Les Revised Regesta regni Hierosolymitani, mettent en ligne les chartes du royaume de Jérusalem à partir de la base éditée par R. Röhricht en 1893, revue et complétée sous la direction de Jonathan Riley Simth et Benjamin Z. Kedar.
    • Le projet mené par Linda Paterson à l’université de Warwick, Troubadours, trouvères and the Crusades, a permis l’édition en ligne des chansons de croisades françaises et occitanes (avec parfois une traduction en anglais, voire la possibilité d’en écouter une performance vocale) et des pistes bibliographiques. Le projet, terminé en 2016, n’est plus mis à jour mais la base reste fonctionnelle.
    • De nombreuses éditions anciennes n’ont pas été remplacées et restent indispensables. On peut citer, à titre d’exemples : J. Bongars, Gesta Dei per Francos,1611, vol.1 et vol. 2 ; E. Röricht, Quinti Belli sacri scriptores minores, 1879 et Testimonia minora de quinto bello sacro, 1882 ; G. Raynaud, La Gestes des Chiprois, 1887 ; H. Hagenmeyer, Die Kreuzzugsbriefe aus den Jahren 1088-1100, 1901…

    Autres ressources

    • La Crusader database est un travail en cours qui veut recenser les croisés partis en Terre sainte d’après leur mention dans les sources. Il contient actuellement environ 1100 entrées, surtout pour la première et deuxième croisades principalement établies à partir des sources narratives. Les références aux sources sont précises mais la bibliographie souvent légère n’est pas remise à jour.
    • Le Oxford Outremer Map Project (Fordham university) présente sous forme interactive la carte de la Terre Sainte de Mathieu Paris (XIIIe siècle) : chaque toponyme et symbole est interrogeable avec des explications et bibliographie.
    • Le French of Outremer Project porté par Nicholas Paul à l’University of Fordham, tente un catalogue et des études sur les textes produits en français en Terre sainte.
    • Le site The Fortifications of the Crusader Period avait l’ambition de recenser l’ensemble des fortifications de l’ensemble de l’Orient latin. La base de donnée se limite malheureusement à la lettre A mais il contient des données intéressantes et une bibliographie récente (2017).


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