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Brésil

  • Présentation de la rubrique Brésil

    Marcelo CÂNDIDO DA SILVA, 14 février 2020 | 14 novembre 2019

    Cette rubrique est l’œuvre de plusieurs chercheurs brésiliens, Néri de Barros Almeida, Maria Cristina Leandro Pereira, Flavia Galli Tatsch, Igor Teixeira, Renato Boy, Fabiano Fernandes, Thiago Ribeiro, Victor Sobreira, Vinicius Marino, Marina Sanchez, José Fonseca, Marcelo Cândido da Silva et aussi d’Adrien Bayard, qui pendant son séjour postdoctoral au Brésil est devenu un membre actif de la communauté brésilienne de médiévistes. Nous avons conçu cette rubrique sans la prétention de l’exhaustivité. Et nous comptons aussi la mettre à jour très prochainement.


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  • Étudier le Moyen Âge au Brésil

    Marcelo CÂNDIDO DA SILVA, Néri DE BARROS ALMEIDA, 5 novembre 2019 | 14 novembre 2019

    La première thèse en Histoire Médiévale au Brésil a été soutenue en 1942, à l’Universidade de São Paulo (USP), mais ce n’est que dans les années 1990 qu’on a assisté à la constitution d’une vraie “communauté d’historiens médiévistes”. Il n’était pas rare jusqu’alors que les chaires d’histoire médiévale dans l’enseignement supérieur public fussent occupées par des spécialistes d’histoire ancienne ou des théories de l’histoire. La création, en 1996, de l’Associação Brasileira de Estudos Medievais (ABREM), qui rassemble des chercheurs, des enseignants et des étudiants en histoire, droit, littérature et philosophie médiévales, constitue une étape essentielle de cette évolution. Il faut mentionner aussi la création de Signum, la revue officielle de l’ABREM, qui est la plus ancienne publication brésilienne tournée vers les études médiévales et l’un des témoins les plus remarquables des échanges entre les spécialistes du Moyen Âge. L’accroissement du nombre de médiévistes dans les universités publiques ne s’est pas limité à l’axe Rio de Janeiro - São Paulo, qui concentrait jusqu’aux années 1990 la quasi-totalité des médiévistes brésiliens. Des laboratoires et des centres de recherche ont été créés dans des universités situées dans toutes les régions du Brésil. La multiplication du nombre de médiévistes s’est accompagnée, ces dernières années, d’une plus grande spécialisation. L’organisation de colloques portant sur des thématiques précises s’est peu à peu substituée aux colloques généraux qui prédominaient jusqu’alors. Le contact avec des institutions et des centres de recherche à l’étranger s’est renforcé, avec l’établissement de partenariats avec des universités et des centres de recherche en France, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, aux États-Unis, au Canada et en Australie. Par ailleurs, avec l’augmentation du nombre de postes dans les universités publiques entre 2004 et 2014, une nouvelle génération d’historiens médiévistes a vu le jour : cette génération s’intéresse à des espaces qui étaient jusqu’à présent peu ou pas étudiés (Allemagne, Afrique, Italie, Irlande, Islande) et travaille sur des sujets nouveaux dans le paysage de la médiévistique brésilienne (la justice, le règlement de conflits, la construction des identités, l’économie rurale, la pauvreté, les pouvoirs locaux, le rôle social des ordres religieux, l’autorité et les formes d’écriture et de lecture, la rhétorique des textes, etc.). Ces transformations n’ont été possibles que dans le cadre de l’essor et de l’expansion de l’enseignement supérieur public. Rien qu’en histoire médiévale, 33 postes ont été pourvus au Brésil entre 2004 et 2014 (certains de ces postes étaient intitulés “Histoire Ancienne et Médiévale”, mais ce nombre ne concerne que les postes occupés par des médiévistes). Les sommes octroyées à la recherche de la part des agences publiques de financement (CAPES, CNPq, FAPESP) et des universités elles-mêmes ont été considérablement augmentées jusqu’au début des années 2010, ce qui a permis l’organisation de colloques, une mobilité continue de chercheurs et d’élèves dans le pays et à l’étranger, aussi bien que le renouvellement et l’enrichissement des fonds bibliographiques des bibliothèques universitaires. D’un autre côté, la crise économique qui a atteint de plein fouet le pays à partir de 2014 a diminué considérablement le budget de la recherche, le nombre de bourses d’études etc. Il y a une période d’incertitude qui s’ouvre devant nous et qui nous force à réévaluer nos stratégies de formation et d’internationalisation.

    Le premier grand débat autour des études médiévales au Brésil a eu lieu en 1961 pendant la Première Rencontre d’Enseignants d’Histoire de l’Enseignement Supérieur, organisée à la Faculdade de Filosofia, Ciências e Letras de Marilia, à l’intérieur de l’état de São Paulo. Dans cette rencontre qui est à l’origine de l’Associação Nacional de História (ANPUH) on discuta notamment de la séparation des chaires d’histoire ancienne et d’histoire médiévale, et de la vocation des études médiévales au Brésil, perçues comme une sorte de « préambule » à l’histoire du Nouveau Monde. Les débats furent coordonnés par Eurípedes Simões de Paula, Professeur à l’USP, qui avait soutenu, en 1942, la première thèse de doctorat en histoire, au Brésil. Rapporteur de la table ronde, Simões de Paula put compter sur le soutien de Michel Mollat qui défendit la thèse des « survivances médiévales en Europe et en Amérique ». Une vingtaine d’historiens, pas seulement de médiévistes, participèrent aux débats qui tournèrent autour des limites et des possibilités de la recherche et de l’enseignement d’histoire au Brésil. À l’unisson, ils soutenaient la spécialisation comme moyen de promouvoir le progrès scientifique du pays, mais demeuraient partagés quant au genre d’enseignement qui devrait être délivré aux étudiants d’histoire. Pour beaucoup, le professeur devrait être un chercheur spécialisé dont la fonction principale était l’actualisation des connaissances des étudiants, qui diffusaient ensuite dans les écoles les contenus appris à l’université.

    Le groupe réuni à Marilia lança aussi une réflexion sur les études doctorales en histoire. En ce sens, en rappelant les difficultés pour la formation des médiévistes au Brésil, Simões de Paula intervint et, une fois encore avec l’aide de Michel Mollat qui fut surpris de la présence à Marilia des Monumenta Germaniae Historica en microfiches ; soutint l’idée que, dans un pays distant des fonds d’archives, la spécialisation était difficile mais pas impossible grâce aux sources éditées. Cependant, cette idée ne fut pas suivie d’effet : ni le gouvernement, ni les universités n’engagèrent un véritable effort pour financer la mobilité des étudiants et des chercheurs ou encore l’augmentation des fonds documentaires et scientifiques des bibliothèques. En 1961, toutes les attentions se tournèrent vers la formation d’enseignants pour les écoles primaires et secondaires. La formation des chercheurs pour l’université n’était pas une priorité. Même en ce qui concerne la formation des enseignants, l’impact fut très limité dans la mesure où les médiévistes brésiliens présents étaient presque tous issus de la ville de São Paulo. Cependant, le Moyen Âge fut indirectement valorisé par le consensus autour de l’idée selon laquelle la recherche publique menée à l’université était la base de la formation des historiens recrutés comme enseignants dans les écoles primaires et secondaires.

    La recherche en histoire médiévale au Brésil connut une nouvelle étape marquante avec l’apparition d’une politique nationale de science et technologie entre 1960 et 1990. Ces trois décennies virent notamment se consolider, malgré les aléas économiques et politiques, les agences de financement de la recherche aussi bien qu’un système national de “pós-graduação” comprenant des études de Master et de Doctorat. À la fin des années 1980, l’histoire médiévale était enseignée dans les cours de Licence dans tout le pays, même si en dehors de l’axe des universités publiques de Rio de Janeiro et São Paulo, il était rare que ces cours soient assurés par des spécialistes. Finalement, ce sont les écoles doctorales qui contribuèrent le plus à l’affirmation des études médiévales : c’est dans leur sein que se constituèrent les premiers centres de recherche (le Programa de Estudos Medievais de l’Universidade Federal do Rio de Janeiro et le Scriptorium, de l’Universidade Federal Fluminense) et que vit le jour une véritable discipline d’histoire du Moyen Age enseignée par des médiévistes. Cette conjonction d’éléments renforça considérablement la médiévistique brésilienne à la fin des années 1990, à travers l’augmentation du nombre de chercheurs, la diversité des sujets traités ou encore la mise en place de réseaux de recherche. Cependant, il serait erroné de considérer que la production académique jusqu’à la fin des années 1990 était anecdotique, aussi bien du point de vue quantitatif que du point de vue qualitatif. Le scénario après 1990 a été néanmoins plus favorable au travail en réseau, aux échanges nationaux et internationaux et aux opportunités de perfectionnement de chercheurs.

    La « Nouvelle Histoire » a profondément marqué les études d’histoire au Brésil. Les relations académiques entre le Brésil et la France aident à comprendre l’immense succès de cette « école ». Tout d’abord, par le biais de Fernand Braudel, qui a participé à la mission d’historiens français ayant pris part à la création de l’USP, et qui a maintenu des contacts suivis avec celle-ci, et ensuite par celui de Jacques Le Goff, dont l’influence fut plus importante, notamment en ce qui concerne la trajectoire des médiévistes qui ont été les pionnières dans l’introduction de la Nouvelle Histoire au Brésil, Vânia Leite Fróes, de l’Universidade Federal Fluminense, et Maria Eurydice de Barros Ribeiro, de l’Universidade de Brasília. La Nouvelle Histoire a contribué à accroître l’intérêt pour le Moyen Âge, aussi bien dans les milieux universitaires qu’en dehors de celui-ci. Elle a aidé à dissiper l’image d’un certain conservatisme méthodologique généralement associé aux études médiévales au Brésil, tout en favorisant l’intégration des études médiévales dans le cadre plus large des recherches en histoire.

    Cette évolution suppose aussi de prendre en compte le contexte de la fin de la dictature militaire (1964-1985) : l’historiographie médiévale était porteuse, en effet, d’un discours d’innovation qui a été très bien reçu par ceux qui attendaient une plus grande liberté de pensée et de méthode. Très critique à l’égard de l’histoire des grands personnages, elle portait un intérêt particulier aux mécanismes de participation collective et plaçait le quotidien et l’homme commun au centre de la narrative historique. Les études sur les liens de pouvoir ne se contentaient plus du simple constat sur les rapports inégaux entre les dominants et les dominés. L’adhésion à la Nouvelle Histoire politique était ainsi l’aboutissement d’une volonté de faire de l’histoire politique autrement. L’historiographie brésilienne dans son ensemble a bu à la même source, notamment à partir des années 1980. Aujourd’hui, ses fruits, en ce qui concerne le Moyen Âge, s’appuient sur des circonstances nouvelles créées par l’institutionnalisation et par la multiplication des réseaux de recherche.


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  • Nouveaux axes de recherche, nouveaux objets - Archéologie médiévale

    Adrien BAYARD, 5 novembre 2019 | 14 novembre 2019

    Depuis le début des années 2000 les études médiévales brésiliennes ont connu une augmentation considérable, avec un accroissement sans précédent du nombre d’étudiants, d’enseignants et de chercheurs, résultant d’une réelle politique d’investissement dans l’enseignement supérieur public. Ainsi, de nombreux enseignements spécialisés sur la période médiévale ont été créés et de nouvelles universités bâties. Cette expansion de la médiévistique brésilienne s’est également traduite par un profond renouvellement des thématiques de recherche, mais surtout par un travail en réseau des chercheurs, la multiplication des relations internationales, ainsi que l’émergence de laboratoires de recherche regroupant les médiévistes travaillant dans différentes institutions et cela sur plusieurs états. Le LEME (Laboratório de Estudos Medievais) est emblématique de ce phénomène. Ce laboratoire créé en mai 2005 à partir du centre de recherche de l’Université de São Paulo (USP) et de celui de l’Université d’État de Campinas (UNICAMP) s’est élargi avec l’adjonction de six nouveaux noyaux provenant des Universités fédérales de Goiás (UFG), de São Paulo (UNIFESP), du Minas Gerais (UFMG), du Triângulo Mineiro (UFTM), des Vales do Jequitinhonha et Mucuri (UFVJM), ainsi que celle de la Fronteira Sul (UFFS - Santa Catarina).

    Cette croissance des études médiévales s’est accompagnée d’une évolution des axes de recherches, mais également de l’apparition de nouveaux objets tant sur un plan chronologique, que géographique. Ainsi, plusieurs centres de recherches se sont spécialisés dans l’étude des sociétés de l’Europe occidentale et de l’Orient méditerranéen entre le IVe et le XIe siècle. De même, des thèses de doctorat ont été lancées et soutenues sur des espaces peu ou pas traités comme l’Empire, la Scandinavie ou le Nord des Îles britanniques. Ce dynamisme s’est également étendu à des thématiques anciennes, comme les Ordres militaires ou à des champs plus récents comme celui de l’Histoire monde, des jeux d’échelles et des espaces connectés.

    Ces dernières années, les médiévistes brésiliens ont également engagé un véritable aggiornamento méthodologique en multipliant les formations et les rencontres concernant les défis posés par le développement des humanités digitales, en lien avec la « nouvelle érudition ». Au cours de l’année 2018-2019, ont été organisés, notamment par le LEME, plusieurs cycles de conférences et de formations en paléographie et épigraphie, ainsi que sur l’apport du traitement informatisé des données. C’est dans ce contexte d’un intérêt renouvelé pour la documentation médiévale et sa matérialité, que plusieurs étudiants de l’Université de São Paulo (USP) ont entamé leur parcours de recherche en souhaitant croiser les informations issues des textes et de l’archéologie. Il s’agit des premiers médiévistes brésiliens désireux de se spécialiser en archéologie funéraire, en analyse du bâti et en archéozoologie. Ces projets se sont traduits par l’établissement de nouveaux liens entre les universités brésiliennes et françaises (notamment Bordeaux Montaigne) et par la participation de ces étudiants à des chantiers de fouilles programmées en France.


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  • L’histoire de l’art médiéval

    Flavia GALLI TATSCH, Maria Cristina LEANDRO PEREIRA, 14 février 2020 | 7 février 2020

    L’Histoire de l’art médiéval est un champ d’études relativement récent au Brésil – comme l’est, d’ailleurs, l’Histoire de l’art en général : les premiers cours de Licence ne datent que de 2009, auparavant (et cela depuis les années 1980) il n’y avait que des cours de Master et de Doctorat. L’intérêt était porté, et il l’est encore, sur l’art brésilien, notamment baroque, du XIXe siècle et du modernisme.

    Les premières initiatives dans les études sur l’art médiéval sont venues du domaine de l’Histoire, et les deux disciplines, Histoire médiévale et Histoire de l’art médiéval, restent toujours très liées. Ces initiatives, qui ont commencé dans les années 1990 surtout à Brasília (UnB) et à Rio (UFRJ) et ensuite à l’Espírito Santo (UFES), étaient assez ponctuelles, fruit de la formation de quelques professeurs à l’extérieur et n’engageaient que rarement des étudiants en formation, à cause des difficultés d’accès aux sources et à la bibliographie. Ces premières recherches avaient en commun l’effort de faire le pont entre l’histoire de l’art médiéval et l’art de la Renaissance et du baroque, en quête d’espace et d’une certaine « respectabilité » dans le milieu universitaire brésilien.

    Les progrès des outils informatiques au début du XXIe siècle, notamment grâce à la digitalisation croissante de la bibliographie, de documents, de manuscrits et d’objets d’art, ont produit un énorme bouleversement dans les études d’histoire de l’art médiéval au Brésil, devenues accessibles à un public plus large. Le premier laboratoire voué à ces études a alors été créé à l’Université de São Paulo (USP) : le Laboratório de Teoria e História da Imagem e da Música Medievais (LATHIMM – aujourd’hui Laboratório de Teoria e História das Mídias Medievais). Celui-ci a été inspiré par le Groupe d’Anthropologie Historique de l’Occident Médiéval (GAHOMM) de l’EHESS, d’où les fondateurs du LATTHIMM étaient issus. Ce laboratoire réunit des étudiants et des chercheurs en formation ainsi que des chercheurs confirmés. Sa specificité est de conférer une grande importance à la réflexion théorique et conceptuelle – sans pour autant laisser de côté la dimension matérielle des objets d’art médiévaux. Ainsi, l’un des axes principaux est la discussion des notions bonniennes d’ornement/ornemental/ornementalité dans des travaux aussi divers que sur les chapiteaux de cloîtres catalans ou sur des différents manuscrits, mosaïques et peintures rétabulaires. Les apports des nouvelles technologies de communication ne remplacent pas le besoin du déplacement physique ; ainsi les chercheurs du LATHIMM font fréquemment des stages de recherche à l’extérieur (notamment à l’EHESS, à l’Université de Bourgogne et au Courtauld Institute of Art) pour l’examen présentiel de leurs objets d’étude, pour participer à des colloques, pour faire de la recherche bibliographique etc. Plusieurs thèses de doctorat et mémoires de master ont déjà été presentés ou sont en cours, et le LATHIMM organise tous les ans un colloque (actuellement dans sa dixième édition) réunissant des chercheurs brésiliens et étrangers intéressés aux images médiévales. Les travaux des chercheurs du laboratoire ont déjà abouti à la publication de plusieurs articles, livres et chapitres de livres.

    Aprés le LATHIMM, d’autres groupes de recherche se sont développés, parfois à l’intérieur des laboratoires plus traditionels, comme c’est le cas du Laboratório de Estudos Medievais (LEME). En 2013, le groupe de recherches LEME/UNIFESP – Núcleo de História da Arte a été créé au Département d’Histoire de l’Art de l’Universidade Federal de São Paulo/UNIFESP. Au début, les recherches du groupe se concentraient au niveau de la Licence ; deux ans plus tard, elles se sont étendues aussi au Master. Ces recherches ont pour but d’analyser les objets d’arts créés au Moyen Âge et à la Première Époque Moderne. Un premier axe des recherches étudie la circulation, la mobilité et la matérialité des objets d’art et un deuxième axe se concentre sur les récréations de l’art médiéval, les médiévismes. Les travaux du LEME/UNIFESP – Núcleo de História da Arte ont été présentés en divers colloques au Brésil et à l’étranger ; et certains de ces travaux ont été publiés. A la fin du 2019, le LEME/UNIFESP – Núcleo de História da Arte a créé un compte Instagram @ver.o.medieval dont l’objetif est de produire des posts avec contenu de qualité capables de divulguer l’art médievale et les médiévismes. L’idée est d’offrir un espace pour la diffusion de la recherche des membres du groupe d’étude et des étudiants en art médiéval de l’Unifesp.

    Les difficultés pour faire de la recherche en histoire de l’art médiéval au Brésil sont très importantes : les bourses et autres moyens de financement sont toujours nécessaires et la connaissance de langues étrangères est fondamentale, ce qui demande des chercheurs et des étudiants très motivés – ceci peut devenir notre plus grand atout.


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  • Les études byzantines au Brésil

    Fabiano FERNANDES, Renato BOY, 14 février 2020

    Le début du 21e siècle est une période de transformation de la recherche sur l’histoire médiévale au Brésil pour deux raisons principales. Le premier concerne la croissance des investissements consentis par le gouvernement brésilien dans l’enseignement supérieur public, jusqu’en 2013, qui s’est traduite par une augmentation du nombre de cours d’histoire au Brésil. Cette politique d’expansion des universités brésiliennes a poussé de jeunes historiens spécialisés en histoire médiévale à s’engager dans une nouvelle carrière d’enseignement et de recherche liée au Moyen Âge. Cela a entraîné aussi une augmentation de l’intérêt des jeunes étudiants pour les connaissances des procédures théoriques et méthodologiques de recherche sur l’histoire du Moyen Âge. C’est dans ce scénario que les études médiévales au Brésil se développent, se renforcent dans les dialogues entre les historiens brésiliens et entre ceux-ci et les étrangers, et diversifient les sujets de recherche.

    Dans ce processus de croissance et de diversification thématique, les études sur l’Empire Byzantin se développent dans le pays. Il s’agit d’un domaine d’intérêt très récent, puisque la première thèse de doctorat d’une université brésilienne, l’USP, a été achevée en 2002. D’autre côté, il est possible de constater une croissance exponentielle de la recherche sur Byzance au cours de ces deux décennies. Au cours de cette période, nous avons trouvé des mémoires de maîtrise et des thèses de doctorat, achevés ou en cours, dans au moins six universités publiques brésiliennes : USP, UFRJ, Unifesp, UFOP, UFMT, UFPR. Il est possible aussi de trouver des historiens brésiliens effectuant ses recherches dans ce domaine spécifique dans au moins trois universités publiques : Unifesp, UFFS et UFRN. La plupart de ces travaux portent sur l’historiographie, l’histoire politique et les identités, appliquées aux coupes temporelles et géographiques de l’Empire Byzantin.

    Jusqu’en 2019, les historiens et étudiants brésiliens dédiés aux études byzantines faisaient partie des groupes de recherche et des laboratoires d’histoire médiévale et des chercheurs et laboratoires étrangers spécifiquement dédiés au monde byzantin. Cependant, en 2019, dans le cadre d’un partenariat entre l’UFFS et l’UNIFESP, le NEB – Núcleo de Estudos Bizantinos e Conexões Mediterrânicas - a été créé. Il vise à rassembler des chercheurs intéressés par des études sur l’Empire Byzantin et l’Orient médiéval. Un premier produit de le NEB a été la réalisation, à l’Unifesp, de la I Jornada de Estudos Bizantinos e Medievo Oriental, en 2019, à partir de laquelle un livre devrait être publié. Une nouvelle journée d’Études Byzantines, dans ce même format, devrait se tenir en 2020.

    Le domaine des études de l’Empire Byzantin au Brésil s’élargit d’année en année, tant dans le nombre de chercheurs que dans la variété de la recherche. Le travail collectif se renforce reliant les historiens brésiliens entre eux et avec les centres de recherche internationaux.


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