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Nouveautés

  • Publications récentes sur l’alimentation au Moyen Âge (toutes périodes et tous espaces confondus).

    - Banquets, gastronomie et politique dans les villes de province, XIVe-XXe siècles, éd. Philippe MEYZIE, Bordeaux, Féret, 2017.

    Ce livre rassemble dix contributions qui font la part belle aux documents d’archives (comptabilités, menus, affiches, etc.). Les deux premiers articles portent sur les derniers siècles médiévaux. Lucie Galano, « Produits de luxe et rapport au pouvoir : étude de la documentation comptable du consulat de Montpellier de la seconde moitié du XIVe siècle » (p. 15-31) met en lumière les produits d’importation et les pratiques de don au sein du patriciat urbain. Guilhem Ferrand, « Comptabilités et usages alimentaires en Rouergue à la fin du Moyen Âge » (p. 33-48) souligne la dimension locale des approvisionnements pour les banquets, y compris aux tables les plus aristocratiques (l’article est suivi de l’édition de deux documents comptables).

    - BELLO LEÓN Juan Manuel, Las rentas derivadas de la venta y distribución de pescado en Sevilla y Jerez de la Frontera a finales de la Edad Media. Una aproximación, En la España medieval, 40, 2017, p. 35-65.

    L’article explore les données sur la fiscalité du poisson dans deux villes d’Andalousie orientale au XVe siècle.

    - GASPER Giles E. M. et WALLIS Faith, « Salsamenta pictavensium : gastronomy and medicine in twelfth-century England », English Historical Review, 131/6 (553), 2016, p. 1353-1385.

    Cet important article se penche sur une collection de recettes présentes dans un ms anglais de la fin du XIIe siècle, avec édition et traduction de dix recettes (de viande, de volaille ou de poisson) incluses dans une collection de 244 recettes médicales, principalement salernitaines. Il s’agit donc à ce jour (2016) des plus anciennes recettes médiévales occidentales préservées. Ces salsamenta (sauces, condiments) se présentent donc comme des recettes de cuisine, mais avec une dimension médicale : elles s’adressent aux patients atteints de fastidium (dégoût de la nourriture), et sont donc médicales parce que gastronomiques. Les dix recettes sont acides et contiennent du vinaigre ou du verjus : de fait, les saveurs acides ou piquantes sont réputées stimuler l’appétit, et une recette de gingembre confit qui suit immédiatement a les mêmes vertus. On ne doit donc pas parler de recettes médicales, mais bien de recettes gastronomiques : elles ne sont pas élaborées dans un but thérapeutique, mais pour le plaisir du goût ; ce n’est qu’ensuite, et pour cette raison même, qu’elles ont un usage médical. Un tel usage médical des sauces est bien attesté dans les siècles suivants, par exemple pour la sauce verte et la sauce cameline. Le ms est conservé à Sidney Sussex College, Cambridge, et provient du prieuré cathédral de Durham. L’existence d’une culture culinaire liée à la diététique à Durham est attestée par un poème du XIIe s. écrit par le prieur Laurent, et la table de l’évêque Hugues du Puiset est alors réputée. Enfin, ces sauces sont dites « poitevines » : elles se réclament donc d’une région dont la culture aristocratique est alors prestigieuse ; de fait, plusieurs textes font alors référence à l’excellence de la nourriture en Aquitaine.

    - GAUTIER Alban, « Butlers and dish-bearers in Anglo-Saxon courts : household officers at the royal table », Historical Research, 90/2, 2017, p. 269-295.

    Étude des « officiers de bouche » (échansons, bouteillers, sénéchaux) chargés de servir la table royale dans les cours anglo-saxonnes. De nombreuses comparaisons sont proposées avec les cours carolingiennes, capétiennes, ottoniennes.

    - JERVIS Ben, WHELAN Fiona et LIVARDA Alexandra, « Cuisine and Conquest : interdisciplinary perspectives on food, continuity and change in 11th-century England and beyond », dans The Archaeology of the 11th Century. Continuities and Transformations, éd. Dawn M. HADLEY et Christopher DYER, New York, Routledge, 2017 (Society for Medieval Archaeology Monographs, 38), ch. 13, p. 244-262.

    La Conquête normande de 1066 et ses suites font partie des grands tournants de l’histoire de l’Angleterre : en est-il ainsi dans le domaine de l’histoire de l’alimentation et de la cuisine ? C’est la question que posent les trois auteurs de cet article, qui propose un tour d’horizon qui va bien au-delà des seules traces archéologiques de ces changements, et qui recourt en particulier au témoignage des traités de savoir-vivre.

    - LECOUTRE Matthieu, Le goût de l’ivresse : boire en France depuis le Moyen Âge (Ve-XXIe siècle), Paris, Belin, 2017.

    Les deux premières parties portent sur le Moyen Âge : I- « Métissages (Ve-IXe siècle) » (p. 19-72), commence par quelques pages sur le monde gallo-romain ; II- « Diversité (Xe-XVe siècle) » (p. 73-162). L’ouvrage est bien fait, agréable à lire, et résume bien les travaux récents sur les différentes boissons au Moyen Âge. On notera des pages originales sur la consommation d’eau (parent pauvre de l’histoire des boissons) et du lait. Plus étudiés, le vin, la bière et le cidre font l’objet de développements de seconde main tout à fait pertinents.

    - Medieval Masterchef. Archaeological and Historical Perspectives on Eastern and Western Foodways, éd. J. VROOM, Y. WARSMAN et R. VAN OOSTEN, Turnhout, Brepols (Medieval and Post-Medieval Archaeology Series, vol. 11), 2017.

    L’ouvrage réunit 16 contributions, archéologiques pour la plupart (céramologie, archéozoologie) mais aussi fondées sur les textes, peuvent être globalement classées en quatre thèmes : 1. travaux sur l’alimentation dans le monde islamique ; 2. travaux sur l’alimentation dans le monde byzantin (en particulier sur les Latins en Orient : cas de Chypre et d’Athènes) ; 3. travaux sur la fin du Moyen Âge et l’époque moderne (mettant souvent en avant les contacts et influences éventuelles avec l’Orient islamique) ; 4. réflexions méthodologiques sur la cuisine historique expérimentale (voir l’article sur le Byzantine food lab mis en place à Leyde en 2014).

    - MONTANARI Angelica, Cannibales : Histoire de l’anthropophagie en Occident, Paris, Arkhé, 2018.

    L’ouvrage est le pendant français d’un travail précédemment paru en italien (Il fiero pasto : antropofagie medievali, Bologne, Il Mulino, 2015), et constitue une version retravaillée de la thèse de doctorat de l’auteure. Le propos ne se limite pas (loin de là) au Moyen Âge, mais l’auteure a une formation de médiéviste et revisite certaines sources médiévales, en particulier en ce qui concerne (entre représentations et réalités) les récits de rituels judiciaires (ou para-judiciaires) de vengeance impliquant la consommation de parties du corps de certains individus.

    - MONTANARI Massimo, La chère et l’esprit. Histoire de la culture alimentaire chrétienne, Paris, Alma, 2017.

    - MONTANARi Massimo , « La fame come soggetto economico, politico e morale. Una storia di lungo periodo, fra Medioevo ed Età moderna », dans Alain DIERKENS, Nicolas SCHROEDER et Alexis WILKIN (dir.), Penser la paysannerie médiévale, un défi impossible  ? Recueil d’études offert à Jean-Pierre Devroey, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2017, p. 93‑110.

    Des réflexions stimulantes sur l’histoire de la faim comme « moteur du monde », entre stratégies de lutte contre la faim et « gastronomie de la faim ».

    - De la nature à la table au Moyen Âge : l’acquisition des aliments, Bruno Laurioux éd., Paris, CTHS, 2017.

    Ce volume disponible exclusivement sous forme électronique sur le site du CTHS rassemble 11 communications présentées lors du 138e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, tenu à Rennes en 2013. Les articles portent pour l’essentiel sur l’Occident du XIe au XVIe siècle, et couvrent des thèmes très divers (approvisionnement, choix des aliments, consommation). La contribution de Marianne Brisville porte sur le monde arabo-islamique.

    - PFEFFER Wendy, Le festin du troubadour. Nourriture, société et littérature en Occitanie (1100-1500), Cahors, La Louve, 2016.

    - PITCHON Véronique, La gastronomie arabe médiévale, entre diététique et plaisir, Paris, Erick Bonnier, 2018.

    - Plantes, produits et pratiques : diffusion et adoption de la nouveauté dans les sociétés préindustrielles, éd. Núria ROVIRA, Laurent BOUBY, Anne BOUCHETTE et Marie-Pierre RUAS, Actes des Rencontres d’Archéobotanique, Université Paul-Valéry-Montpellier, 13-16 Octobre 2010, Monographies d’Archéologie Méditerranéenne, hors-série 8, Montpellier, 2017.

    L’ouvrage propose surtout des contributions en archéobotanique, portant sur l’Antiquité et le Moyen Âge. On notera en particulier l’article d’Emmanuelle Bonnaire sur la vigne et la viticulture en Champagne (p. 119-128), celui de Bénédicte Pradat et Marie-Pierre Ruas sur la culture du sorgho dans l’Aquitaine médiévale (p. 177-190), et celui de Pauline Burger et al. sur le cerisier (p. 207-222). L’article de Mohamed Ouerfelli sur le sucre et les confiseries au Moyen Âge porte sur le développement de la culture de la canne à sucre sur les deux rives de la Méditerranée occidentale, et repose principalement sur l’étude des textes (p. 191-206).

    - Pour une histoire de la viande. Fabrique et représentations de l’Antiquité à nos jours, éd. Marie-Pierre HORARD et Bruno LAURIOUX, Rennes-Tours, PUR-PUFR (coll. « Tables des hommes »), 2017.

    Ce gros volume réunit vingt-et-une contributions qui constituent les actes d’un colloque tenu à Tours en décembre 2012. Une section du livre est consacrée au long Moyen Âge, avec six chapitres couvrant la période Ve-XVIe siècle. Ramón Banegas López se penche sur la place mouvante de la viande de mouton dans l’alimentation en Catalogne, sur la longue durée (p. 151-160). Emmanuelle Raga étudie les représentations de la consommation de chair animale chez les élites chrétiennes de l’Antiquité tardive (p. 161-188). Alban Gautier et Alain Dierkens démontent le mythe historiographique de l’interdiction par l’Église de la consommation de viande de cheval au haut Moyen Âge (p. 189-212). Olivier Bauer montre, sur une très longue durée, comment la consommation de viande a pu être érigé en marqueur de l’identité chrétienne (p. 213-236). Benoît Descamps propose une étude sur la boucherie parisienne dans les derniers siècles médiévaux (p. 237-254). Enfin, Olivia Parizot étudie les usages de découpe de la viande en milieu curial, une pratique qui constitue un marqueur social jusqu’ici négligé par la recherche (p. 255-280).

    - VAN WINTER Johanna Maria, Middeleuwers in drievoud. Hun woonplaats, verwantschap en voeding, Hilversum, Uitgeverij Verloren, 2017.

    Ce volume est paru pour le 90e anniversaire de Johanna Maria Van Winter, pionnière de l’histoire de l’alimentation médiévale et moderne en Europe occidentale. Le volume est entièrement en néerlandais et rassemble des textes de l’auteure parus entre 2007 et 2017. Trois thèmes sont abordés : l’habitat et la topographie ; la parenté et en particulier le mariage ; et enfin l’alimentation, qui couvre plus de la moitié du volume. On peut sur le site de l’éditeur consulter la table des matières (cliquer sur l’onglet « Inhoudsopgave ») et télécharger les premières pages du livre (onglet « Inkijkexemplaar »). L’auteure nous a aimablement fourni un sommaire, qui précise l’origine des articles inclus dans l’ouvrage, avec dans plusieurs cas la référence d’une publication originale en anglais ou en allemand : [ Télécharger PDF - 101.3 ko ] .

    - WHELAN Fiona, The Making of Manners and Morals in Twelfth-Century England. The Book of the Civilised Man, Londres-New York, Routledge, 2017.

    L’étude, tirée d’une thèse, porte sur les traités de savoir-vivre dans le monde anglo-normand au XIIe siècle. Le texte étudié de plus près est l’Urbanus magnus de Daniel de Beccles. Un chapitre entier (ch. 7, p. 151-181) porte sur la table et l’alimentation.

    - WOOLGAR Christopher M., « Medieval food and colour », Journal of Medieval History, 44/1, 2018, p. 1-20.

    L’article montre que les couleurs étaient essentielles dans la cuisine et plus largement l’alimentation de la fin du Moyen Âge. Elles étaient porteuses de nombreuses messages et valeurs : santé (humeurs), connotations morales (une nourriture terne est "morale"), etc. C. M. Woolgar affirme qu’on ne peut pas vraiment parler d’un "système des couleurs" appliqué à l’alimentation, mais il est certain que la couleur jouait un rôle important dans le plaisir de la table à la fin du Moyen Âge.

    Alban GAUTIER, Yann MOREL, 15 mai 2018 | 4 octobre 2007
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