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La discipline et ses outils de travail

  • Onomastique

    Au niveau international

    Pour une vision globale de la discipline, on dispose d’un excellent manuel : Les noms propres : Manuel international d’onomastique, Ernst Eichler, Gerold Hilty, Heinrich Löffler, Hugo Steger et Ladislav Zgusta, éd., Berlin - New York, Walter de Gruyter, 1995-1996, 3 vol. (textes en allemand, anglais et français).
    L’organisme fédérateur des recherches au niveau international est l’International Council of Onomastic Sciences (ICOS), dont l’organe d’expression est la revue Onoma. Son site web offre notamment une liste de liens d’institutions et organismes de recherche, classés par pays ; à compléter par celle, très fournie, de la Societàt d’onomastica (Barcelone).

    En France

    Pour une présentation claire et pédagogique de la discipline, de son histoire et de ses problématiques, voir BAYLON Christian et FABRE Paul, Les noms de lieux et de personnes, Paris, 1982.
    L’unique structure publique officiellement dédiée à la recherche onomastique en France est le Centre d’onomastique des Archives nationales (Paris). Créé en 1961 dans le contexte du développement et de l’organisation des études onomastiques (tenue à Paris des premier et deuxième congrès de toponymie et d’anthroponymie en 1938 et 1947 à l’initiative d’Albert Dauzat, création de l’ICOS en 1949) et mis sur pied par Marianne Mulon, son responsable jusqu’en 1991, le Centre d’onomastique est voué depuis lors à l’accueil des chercheurs et au rassemblement de l’information bibliographique.
    Il fut le lieu de l’élaboration de deux bibliographies de références : MULON Marianne, L’Onomastique française. Bibliographie des travaux publiés jusqu’en 1960, Paris, 1977, et L’Onomastique française. Bibliographie des travaux publiés de 1960 à 1985, Paris, 1987, dont le contenu est disponible au format Pdf texte. Ces deux volumes se veulent exhaustifs et non critiques ; les références (plus de 12 000) y sont classées par période historique puis par région et par département.
    La principale structure active en matière d’onomastique est la Société française d’onomastique (SFO), dont l’organe d’expression est la Nouvelle revue d’onomastique (consultable sur le portail Persée). Son site internet offre diverses informations sur l’actualité de la discipline.
    La SFO organise tous les deux ans un colloque sur un thème particulier (voir par exemple en 1994 Onomastique et histoire, onomastique littéraire : Actes du VIIIe Colloque de la Société française d’onomastique, Pierre-Henri Billy et Jacques Chaurand, éd., Aix-en-Provence, Université de Provence, 1998).

    Onomastique et histoire médiévale

    Sur l’onomastique comme science auxiliaire de l’histoire, l’érudite synthèse du linguiste Paul Lebel n’a pas été remplacée (« L’onomastique », dans L’histoire et ses méthodes, Charles Samaran, dir., Paris, 1961, p. 677-723). À compléter, pour la toponymie seule, par le fascicule de Dirk Peter BLOK, Ortsnamen, Turnhout, Brepols, 1988 (Typologie des sources du Moyen âge occidental ; 54).
    Dans une perspective didactique, on consultera les chapitres « toponymie » et « anthroponymie » des manuels sur les sciences auxiliaires de l’histoire :

    - DELORT Robert, Introduction aux sciences auxiliaires de l’histoire, Paris, 1969, p. 184-212 et 216-226 ;

    - CHÉDEVILLE André et MERDRIGNAC Bernard, Les sciences annexes en histoire du Moyen Âge, Rennes, Presses universitaires, 1998, p. 187-216.

    Les rapports avec les autres disciplines :

    - Archéologie : voir les actes du colloque organisé au Mans en 1980 par la SFO (Toponymie - Archéologie : Colloque tenu au Mans (mai 1980), Marianne Mulon et Jacques Chaurand, éd., Paris, 1981). Pour un point de vue critique sur les apports de la toponymie à l’archéologie : Élisabeth ZADORA-RIO, « Archéologie et toponymie : le divorce », Les petits cahiers d’Anatole, n° 8, 2001.

    - Diplomatique : on consultera toujours avec profit les pages du Manuel de diplomatique d’Arthur GIRY (Paris, 1894) sur les noms de personnes (p. 351-376) et sur les noms de lieux (p. 377-420), qui offrent un aperçu historique et des considérations sur les questions de changement, traduction, identification, etc. Pour un aperçu sur les questionnements actuels de la recherche, voir la communication de Reinhard HARTEL au XIe Congrès international de diplomatique, consacré à la langue des actes (2003) : « Anthroponymie et diplomatique ».

    - Numismatique : les monnaies, notamment mérovingiennes, constituent une importante source des études onomastiques. Voir par exemple les listes de noms de personnes et de lieux figurant dans le t. I du Manuel de numismatique française d’Adrien BLANCHET et d’Adolphe DIEUDONNÉ (Paris, 1912).

    Questions de méthode :

    - Édition et indexation : sur les questions d’édition et d’indexation des noms de lieux et de personnes, voir le n° spécial « Onomastique médiévale et indexation automatique » de la revue Le médiéviste et l’ordinateur, n° 18 (automne 1987) ainsi que les Conseils pour l’édition des textes médiévaux publiés par le Comité des travaux historiques et scientifiques et l’École nationale des chartes (fasc. I, Conseils généraux, Paris, 2005, fasc. II, Actes et documents d’archives, Paris, 2001).

    - Statistique : pour un point de vue sur l’application des méthodes statistiques à l’onomastique, notamment médiévale, voir le chapitre « Statistique lexicale et érudition » aux p. 130-136 du cours Statistique pour historiens d’Alain GUERREAU (2004).

    Onomastique et littérature médiévale

    L’onomastique littéraire s’attache à l’étude des noms propres dans les œuvres littéraires et notamment à la découverte du « sens caché » des noms de lieux ou de personnages et des multiples jeux qu’il implique entre l’auteur et son lecteur, l’écrit et le réel.
    La période médiévale est particulièrement bien outillée en matière de répertoires de noms propres littéraires.
    Le répertoire de référence pour les œuvres françaises est celui d’André MOISAN, Répertoire des noms propres de personnes et de lieux cités dans les chansons de geste françaises et les œuvres étrangères dérivées, Genève, Droz, 1986, 5 vol., qui a remplacé celui d’Ernest LANGLOIS, Table des noms propres de toute nature compris dans les chansons de geste imprimées, Paris, 1904.
    On peut également consulter :

    - FLUTRE Louis-Fernand, Table des noms propres avec toutes leurs variantes figurant dans les romans du Moyen Âge écrits en français ou en provençal et actuellement publiés ou analysés, Poitiers, 1962 ;

    - WIACEK Wilhelmina M., Lexique des noms géographiques et ethniques dans les poésies des troubadours des XIIe et XIIIe siècles, Paris, 1968.

    Parmi les travaux récents, citons à titre d’exemple ceux de Florence PLET-NICOLAS sur l’onomastique littéraire arthurienne (et notamment La Création du monde. Les noms propres dans le Tristan en prose, Paris, Champion, 2007).

    Sébastien NADIRAS, 22 avril 2017 | 3 août 2012
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  • Toponymie

    Manuels

    Pour une introduction à la toponymie française, les synthèses d’Albert DAUZAT (Les noms de lieux : Origine et évolution, Paris, 1926) et d’Ernest NÈGRE (Les noms de lieux en France, Paris, 1963) sont désormais périmées par le manuel de Stéphane GENDRON, L’origine des noms de lieux de France : Essai de toponymie, Paris, Errance, 2003, 2e éd. 2008. À côté d’une présentation de la formation des noms de lieux de France tenant compte des avancées (rapides) de cette science, l’ouvrage offre d’éclairantes vues sur la discipline, son histoire, ses enjeux et ses méthodes.
    Pour une synthèse récente, offrant le point de vue d’un géographe, voir Roger BRUNET, Trésor du terroir. Les noms de lieux de la France, Paris, 2016.

    Traités

    Les trois ouvrages suivants, qui ont fait date dans l’histoire de la toponymie française, procèdent du classement, selon divers critères (historique, thématique, morphologique), d’un matériel toponymique plus ou moins abondant selon les cas. Quoique relativement anciens, et ne visant pas à l’exhaustivité, ils sont toujours susceptibles - avec les nécessaires précautions d’usage - de rendre de nombreux services aux médiévistes. Replaçant autant que faire se peut chaque nom de lieu au sein d’une série, ils permettent en effet une meilleure intelligence des phénomènes toponymiques que la notice isolée, « sèche », de certains dictionnaires étymologiques :

    - LONGNON Auguste, Les noms de lieu de la France, Paris, 1920-1929, 2 vol., réimp. Paris, Honoré Champion, 1999 : l’un des ouvrages fondateurs de la toponymie française. Consultable sur archive.org (volume 1 ; volume 2).

    - GRÖHLER Hermann, Über Ursprung und Bedeutung der französischen Ortsnamen, Heidelberg, 1913-1933, 2 vol. (volume 1 consultable sur archive.org).

    - VINCENT Auguste, Toponymie de la France, Bruxelles, 1937 : l’ouvrage de référence en matière de toponymie française jusqu’à la publication de la Toponymie générale de la France d’Ernest Nègre.

    Maître ouvrage de la toponymie française, la monumentale Toponymie générale de la France d’Ernest NÈGRE (Genève, Droz, 1990-1991, 3 vol.), se voulant la refonte de la Toponymie de la France d’Auguste VINCENT, offre l’étymologie - « sèche » - d’environ 35 000 noms de lieux (noms de lieux habités, hydronymes, oronymes). Adopte un classement par couche linguistique dont la pertinence et la cohérence ont été discutées.
    Il faut enfin citer, pour le seul Midi de la France, le remarquable ouvrage de Jacques ASTOR, Dictionnaire des noms de famille et noms de lieux du midi de la France, s.l., Le Beffroi, 2002, véritable encyclopédie d’onomastique méridionale, où noms de lieux et de personnes sont abordés conjointement et chaque nom systématiquement mis en relation avec d’autres noms en dérivant ou sémantiquement proches.

    Dictionnaires

    Bien connu du grand public, le Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France d’Albert DAUZAT et Charles ROSTAING (Paris, 1963, rééd.) offre l’étymologie d’un grand nombre de noms de lieux habités (communes, hameaux importants). La forme « dictionnaire » et le classement alphabétique ne permettent - nécessairement - d’appréhender chaque nom que de façon isolée.

    Les deux dictionnaires suivants, plus restreints dans leur nomenclature, renouvellent le genre : chaque entrée fait l’objet d’une notice détaillée comprenant, outre l’explication étymologique, des données historiques et géographiques relatives au lieu référent, un certain nombre d’attestations anciennes du nom, et d’importants développements sur l’histoire de celui-ci.

    - DEROY Louis, MULON Marianne, Dictionnaire de noms de lieux, Paris, Dictionnaires le Robert, 1992 : 4 000 noms de lieux du monde entier (pays, régions, villes, mers, îles, fleuves, montagnes), au sein desquels la France est très bien représentée.

    - BILLY Pierre-Henri, Dictionnaire des noms de lieux de la France, Paris, Errance, 2011 : 1 500 noms de lieux de France métropolitaine (régions administratives et départements, régions historiques et géographiques, villes préfectures et sous-préfectures, massifs et leurs points culminants, fleuves et principales rivières, etc.)

    Dans le même esprit, il convient de citer les notices toponymiques de l’encyclopédie collaborative Wikimanche, consacrée au département de la Manche : rédigées par Dominique FOURNIER, ces notices offrent de nombreuses formes anciennes précisément datées et référencées, ainsi que de remarquables développements étymologiques.

    Formes anciennes et dictionnaires topographiques

    Pratiquée dans une perspective diachronique, la toponymie repose sur l’interprétation des formes anciennes de noms de lieux,
    La principale collection de recueils de formes anciennes est en France celle des Dictionnaires topographiques départementaux. Lancée en 1861 par Léopold Delisle et le Comité des travaux historiques, cette collection compte actuellement 35 dictionnaires, dus le plus souvent à l’archiviste départemental, publiés de 1861 à 2008. Le Comité des travaux historiques et scientifiques œuvre depuis 2009 à leur réédition électronique, permettant leur interrogation via une base de données (voir la partie Réalisations et projets).

    Quelques dictionnaires se trouvent en outre accessibles selon des modalités particulières :

    - base de données pour le Dictionnaire topographique du Cantal d’Émile AMÉ (Paris, 1897) (site des Archives départementales) ;
    - Pdf chapitré pour le Dictionnaire topographique de la Haute-Loire d’Augustin CHASSAING et Antoine JACOTIN (Paris, 1907) (site des Archives départementales).

    En l’absence de Dictionnaire topographique, on utilisera les éditions de pouillés.
    Relevés de bénéfices ecclésiastiques (cures, chapelles, chapitres, etc.) établis par diocèse, les pouillés français du Moyen Âge font l’objet d’une entreprise d’édition initiée en 1903 par Auguste Longnon, et conçue à l’origine pour servir à l’étude des circonscriptions ecclésiastiques (collection du Recueil des inscriptions de la France de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres). Cette collection, qui suit le découpage des provinces ecclésiastiques d’Ancien régime, est complète, à l’exception de la province de Bordeaux, en cours d’édition. La plupart des volumes sont consultables sur Gallica et archive.org ; accès également possible depuis une page dédiée du blog Pecia.
    Les éditions de pouillés offrent de nombreuses données toponymiques et onomastiques (formes anciennes de noms de lieux, titulatures d’églises, etc.). Il est à noter toutefois que ces documents ne mentionnent que des localités sièges de bénéfices ecclésiastiques (c’est-à-dire, pour l’essentiel, des paroisses) et qu’ils ne remontent généralement pas au-delà du XIIIe siècle.

    Les sites suivants peuvent enfin rendre ponctuellement service aux médiévistes dans leurs recherches de formes anciennes :

    - Liste des ressources toponymiques mises en ligne par des services d’archives, sur le portail FranceArchives.

    - Dictionnaire toponymique de la Vendée : cette base de données participative des Archives départementales de la Vendée se donne pour objectif d’enrichir et corriger les fiches toponymiques de l’érudit vendéen Edmond Bocquier († 1948). Elle a pour intérêt d’offrir des listes de formes anciennes de noms de lieux (plus ou moins bien référencées) pour un département dépourvu de dictionnaire topographique.

    - KerOfis (Office public de la langue bretonne) : base de données toponymiques du Service du patrimoine linguistique de l’Office public de la langue bretonne. Cette base, dont la finalité est moins scientifique que pratique (préserver et normaliser les formes bretonnes des noms de lieux), a l’avantage d’offrir de nombreuses formes anciennes (datées mais non référencées). Concerne la Bretagne historique.

    Quelques travaux récents

    Parmi les travaux récents intéressant la période médiévale, on peut citer :

    - Études de types toponymiques :

    • BILLY Pierre-Henri, La condamine, institution agro-seigneuriale : Étude onomastique, Tübingen, Niemeyer, 1997 (Beihefte zur Zeitschrift für romanische Philologie ; 286) : sur la descendance du type condoma.
    • PITZ Martina, Siedlungsnamen auf -villare (-weiler, -villers) zwischen Mosel, Hunsrück und Vogesen. Untersuchungen zu einem germanisch-romanischen Mischtypus der jüngeren Merowinger- und der Karolingerzeit, Sarrebruck, Saarbrücker Druckerei & Verlag, 1997, 2 vol. (Beiträge zur Sprache im Saar-Mosel-Raum ; 12) : sur les noms de lieux en -villare de l’espace sarro-mosellan.

    - Études de thèmes toponymiques :

    • Toponymie et défrichements médiévaux et modernes en Europe occidentale et centrale (Centre culturel de l’abbaye de Flaran, huitièmes Journées internationales d’histoire, 19-21 septembre 1986), Auch, 1988 (Flaran ; 8).
    • GENDRON Stéphane, La toponymie des voies romaines et médiévales : les mots des routes anciennes, Paris, Errance, 2006.
    Sébastien NADIRAS, 22 avril 2017 | 3 août 2012
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  • Anthroponymie

    Généralités

    Branche de l’onomastique plus jeune encore que la toponymie, l’anthroponymie française ne bénéficie pas de manuel de référence récent. On se reportera donc, pour une vue d’ensemble, aux traités, plusieurs fois réédités, d’Albert DAUZAT, Les noms de personnes. Origine et évolution, Paris, 1925, et Traité d’anthroponymie française. Les noms de famille de France, Paris, 1945 ; à compléter par le récent Que sais-je de Paul FABRE, Les noms de personnes en France, Paris, 1998 (Que sais-je, n° 235).
    Pour le Midi de la France, on consultera également le remarquable ouvrage de Jacques ASTOR, Dictionnaire des noms de famille et noms de lieux du midi de la France, s.l., Le Beffroi, 2002 (cf. supra).
    En 1946, Paul Lebel appelait de ses vœux le lancement d’une collection de Dictionnaires anthroponymiques départementaux fournissant, sur le modèles des Dictionnaires topographiques, les graphies anciennes des noms de personnes, avec la date, le lieu et éventuellement les particularités de l’emploi de ces noms. Vœu qui n’a pas été suivi d’effet, la tâche étant plus complexe qu’en matière toponymique : outre l’instabilité intrinsèque qui caractérise les noms de personnes, sujets bien plus que les noms de lieux à disparition et déplacement, se pose la délicate question de savoir ce qu’est un nom picard, provençal ou encore poitevin (en d’autres termes, à partir de quelle période peut-on considérer un nom comme picard, provençal, etc.).
    Parmi les rares exemples de traitement abouti d’un corpus départemental ou régional, on peut citer :

    - BILLY Pierre-Henri, SAUVADET Marie-Renée, Dictionnaire historique des noms de famille du Puy-de-Dôme, 2 vol., Chamalières, Association de recherches généalogiques et historiques d’Auvergne, 1998-2001 : indique pour chaque nom, selon diverses modalités, localisation, taux de fréquence et étymon. La base de la nomenclature est constituée par les données des registres d’état-civil de 1813 à 1862, ce qui garantit un état anthroponymique plus proche de la situation médiévale que la plupart des autres dictionnaires de noms de personnes.

    - FOURNIER Dominique, Dictionnaire des noms de famille les plus fréquents de Normandie, Cully, OREP, 2008 : ce dictionnaire fournit l’étymologie des 1 590 noms de famille les plus fréquents de Normandie au début du XXIe siècle (d’où une présence forcément importante de noms allogènes). Son intérêt tient, entre autres, aux graphies anciennes précisément datées, localisées et référencées des noms étudiés.

    - Les dictionnaires étymologiques « grand public » d’Albert DAUZAT, Dictionnaire étymologique des noms de famille et prénoms de France, Paris, 1951 (plusieurs rééd.) et de son élève Marie-Thérèse MORLET, Dictionnaire étymologique des noms de famille, Paris, Perrin, 1991, rééd. 1997 (celui-ci consistant dans la refonte et l’enrichissement de celui-là) ne rendront que ponctuellement service au médiéviste, les notices s’y trouvant dépourvues de formes anciennes et de localisation précise des noms étudiés ; leur principal intérêt tient dans le regroupement des différentes variantes du nom sous l’entrée retenue.

    L’anthroponymie médiévale

    S’il n’existe pas de récent manuel de référence pour la discipline dans son ensemble, le médiéviste peut en revanche s’appuyer sur une série d’études - ou de corpus - spécifiquement consacrés aux noms de personnes du Moyen Âge : c’est que la mutation des systèmes de nomination et le renouvellement permanent du stock anthroponymique – sujet à ce qu’il faut bien appeler des formes de « mode » – légitiment aisément le concept d’« anthroponymie médiévale », alors que la chose ne se conçoit guère en matière toponymique.

    - L’unique outil de travail pour le haut Moyen Âge a longtemps été le t. I (Personennamen) de l’ouvrage d’Ernst FÖRSTEMANN, Altdeutsches Namenbuch, Nordhausen, 1856-1872.

    - Le répertoire de référence actuel pour la France est celui de Marie-Thérèse MORLET, Les noms de personne sur le territoire de l’ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle, Paris, 3 vol., 1968-1985 :

    • Les noms issus du germanique continental et les créations gallo-germaniques (1968).
    • Les noms latins ou transmis par le latin (1972).
    • Les noms de personne contenus dans les noms de lieux (1985).

    - Études classiques pour la période haut-médiévale :

    - Liste sélective de corpus ou études régionaux - œuvres pour la plupart d’anthroponymistes ou de philologues - portant sur la seconde moitié du Moyen Âge, période de l’apparition du surnom et de sa tendance à la fixation et à la transmission héréditaire :

    • MICHAËLSSON Karl, Études sur les noms de personnes français d’après les rôles de taille parisiens, Uppsala, 1927-1936, 2 t.
    • JACOBSSON Harry, Études d’anthroponymie lorraine. Les bans de tréfonds de Metz (1267-1298), Göteborg, 1955.
    • VALLET Antoine, Les noms de personnes du Forez et confins (actuel département de la Loire) aux XIIe , XIIIe et XIVe siècles, Lyon, 1961.
    • BERGER Roger, Le nécrologe de la confrérie des jongleurs et des bourgeois d’Arras : 1194-1361, Arras, 1963-1970, 2 vol.
    • SAINT-JOUAN Régis de, Le nom de famille en Béarn et ses origines, tome I, suivi du Dictionnaire anthroponymique du Béarn pour l’année 1385, tome II, Pau, 1992 [Paris, 1966] (à partir du dénombrement général des feux de la vicomté de Béarn de 1385).
    • MORLET Marie-Thérèse, Étude d’anthroponymie picarde. Les noms de personne en Haute-Picardie aux XIIIe, XIVe, XVe siècles, Amiens, 1967.
    • BOUGARD Pierre et GYSSELING Maurits, L’impôt royal en Artois (1295-1302), Louvain, 1970 (à partir des rôles du 100e et du 50e).
    • COMPAN André, Étude d’anthroponymie provençale. Les noms de personne dans le comté de Nice aux XIIIe, XIVe et XVe siècles, Lille-Paris, 1976, 2 vol.
    • BERGANTON Marcel-François, Le dérivé du nom individuel au Moyen Âge en Béarn et en Bigorre, Paris, 1977.
    • WEIS Béatrice, Le Codex Guta-Sintram : manuscrit 37 de la Bibliothèque du Grand séminaire de Strasbourg, Lucerne - Strasbourg, 1982-1983 (anthroponymie alsacienne).
    • VALLADIER-CHANTE Robert, Le Bas-Vivarais au XVe siècle. Les communautés, la taille et le roi, Valence, 2003 ; Haut-Vivarais et Boutières au XVe siècle : paroisses et société rurale, Valence, 2005 (à partir des estimes de 1464).

    - Citons enfin les références de quelques travaux récents témoignant de l’intérêt renouvelé des médiévistes pour les noms de personnes et du dynamisme de ce secteur de la recherche :

    • Genèse médiévale de l’anthroponymie moderne, Tours, Université de Tours, 1989-2008 :
      t. I, Ie et IIe rencontres, Azay-le-Ferron, 1986 et 1987 (1989) ;
      t. II, Persistances du nom unique, Monique Bourin, Pascal Chareille, éd., (1992) ;
      t. III, Enquêtes généalogiques et données prosopographiques, Monique Bourin, Pascal Chareille, éd., (1995) ;
      t. IV, Discours sur le nom : normes, usages, imaginaire, VIe-XVIe siècles, Patrice Beck, éd., (1997) ;
      t. V, Intégration et exclusion sociale, lectures anthroponymiques : serfs et dépendants au Moyen Âge, vol. 1, VIIe-XIIe siècle, vol. 2, Le nouveau servage, Monique Bourin, Pascal Chareille, éd., (2002)
      t. VI, CHAREILLE Pascal, Le nom, histoire et statistiques : quelles méthodes quantitatives pour une étude de l’anthroponymie médiévale ? (2008).
    • L’anthroponymie, document de l’histoire sociale des mondes méditerranéens médiévaux : actes du colloque international (Rome, 6-8 octobre 1994) organisé par l’École française de Rome, avec le concours du GDR 955 du CNRS Genèse médiévale de l’anthroponymie moderne, Monique Bourin, Jean-Marie Martin, François Menant, éd., Rome-Paris, École française de Rome, 1996.
    • Onomastique et parenté dans l’Occident médiéval, Katharine Keats-Rohan, Christian Settipani, éd., Oxford, Linacre College/Unit for Prosopographical Research, 2000.
    • Anthroponymie et migrations dans la chrétienté médiévale, Monique Bourin et Pascual Martínez Sopena, éd., Madrid, Casa de Velasquez, 2010.
    • CHAREILLE Pascal, BOURIN Monique, Noms, prénoms, surnoms au Moyen Âge, Paris, Picard, 2014.
    Sébastien NADIRAS, 22 avril 2017 | 3 août 2012
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