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Nouveautés

  • Publications récentes sur l’alimentation au Moyen Âge (toutes périodes et tous espaces confondus).

    - L’alimentation à découvert, éd. Catherine ESNOUF, Jean FIORAMONTI et Bruno LAURIOUX, Paris, CNRS Éditions, 2015.

    Les 127 articles que compte cette somme portent sur tous les aspects de l’alimentation, traités à travers le prisme d’un grand nombre de sciences : biologie, psychologie, anthropologie, et bien sûr histoire.

    - L’Alimentazione nell’alto medioevo : pratiche, simboli, ideologie, 2 vol., Spolète, CISAM, (Settimane di Studio del CISAM, LXIII), 2016.

    La LXIIIe session des célèbres « semaines de Spolète », qui s’est tenue en avril 2015, a porté sur l’alimentation dans le haut Moyen Âge (au sens large du terme, de l’Antiquité tardive au XIIIe siècle). Comme toujours, le congrès a été suivi de la publication rapide des actes. Après une introduction générale de Massimo Montanari, ces deux gros volumes (plus de 1000 pages en tout) réunissent 26 contributions en italien, français et allemand, sur les thèmes les plus divers.

    - ARIÈS Paul, Une histoire politique de l’alimentation du paléolithique à nos jours, Paris, Max Milo, 2016.

    Voir notre compte-rendu : [ Télécharger PDF - 79.5 ko ] .

    - BANEGAS LÓPEZ Ramón A., Sangre, dinero y poder : el negocio de la carne en la Barcelona bajomedieval, préface d’Antoni Riera i Melis, Lérida, Editorial Milenio, 2016.

    Version traduite en castillan et révisée de la thèse doctorale, L’aprovisionament de carn a la ciutat de Barcelona (segles XIV i XV). L’ouvrage a obtenu le prix Prosper de Bofarull de Historia Medieval (Institut d’Estudis Catalans) en 2008.

    - Banquets, gastronomie et politique dans les villes de province, XIVe-XXe siècles, éd. Philippe MEYZIE, Bordeaux, Féret, 2017.

    Ce livre rassemble dix contributions qui font la part belle aux documents d’archives (comptabilités, menus, affiches, etc.). Les deux premiers articles portent sur les derniers siècles médiévaux. Lucie Galano, « Produits de luxe et rapport au pouvoir : étude de la documentation comptable du consulat de Montpellier de la seconde moitié du XIVe siècle » (p. 15-31) met en lumière les produits d’importation et les pratiques de don au sein du patriciat urbain. Guilhem Ferrand, « Comptabilités et usages alimentaires en Rouergue à la fin du Moyen Âge » (p. 33-48) souligne la dimension locale des approvisionnements pour les banquets, y compris aux tables les plus aristocratiques (l’article est suivi de l’édition de deux documents comptables).

    - CAMPANINI Antonella, Il cibo e la storia : il Medioevo europeo, Rome, Carocci, 2016.

    Un petit ouvrage (170 pages) de synthèse qui donne un aperçu de l’ensemble des aspects de l’alimentation médiévale en Europe occidentale.

    CR dans Food & History, n° 13, 2016, p. 363 (A. Maraschi).

    - CASEAU Béatrice, Nourritures terrestres, nourritures célestes : la culture alimentaire à Byzance, Paris, CNRS-Collège de France (Monographies de l’Association des Amis du Centre d’Histoire et de Civilisation de Byzance, 46), 2015.

    Voir notre compte-rendu : [ Télécharger PDF - 73.7 ko ] . On peut consulter la table des matières et l’avant-propos de l’ouvrage sur le site de l’ACHCByz.

    - CASSET Marie, « La consommation de poissons de mer au château de Hambye (Manche) au début du XVe siècle », dans Pêcheries de Normandie. Archéologie et histoire des pêcheries littorales du département de la Manche, éd. C. BILLARD et V. BERNARD, Rennes, P.U.R., 2016, p. 607-614.

    Article écrit avec la collaboration de Denis BINET.

    - CHAUVIN Benoît, « Une recette de cidre normand dans un cartulaire cistercien de Franche-Comté au début du XIVe siècle », Annales de Normandie, 66/1, 2016, p. 105-112.

    Présentation, édition et bref commentaire d’une recette de « vin de pommes » dans un manuscrit émanant de l’abbaye franc-comtoise de Bellevaux. Une petite pierre à l’édifice de l’histoire du cidre, un sujet encore très peu exploré qui attend toujours sa synthèse.

    - Cod and Herring. The Archaeology and History of Medieval Sea Fishing, éd. James H. BARRETT et David C. ORTON, Oxford-Philadelphie, Oxbow Books, 2016.

    Cette collection d’articles constitue une précieuse contribution à l’archéologie de la pêche et de la consommation de poissons hauturiers. L’ouvrage couvre l’ensemble des mers du Nord (Atlantique Nord, mer du Nord, Manche, mer Baltique) dans la période médiévale, à travers deux approches distinctes et complémentaires : dans une première partie, neuf articles explorent l’archéologie des habitats littoraux (souvent confrontée aux sources écrites) ; dans une seconde partie, dix articles exploitent les données de l’archéozoologie et de l’analyse des isotopes stables. Une conclusion de James Barrett (p. 250-272) permet de dégager une chronologie globale du phénomène.

    - DEGRASSI Donata, « Alimentazione e salute nell’area adriatico-alpina (secoli XIV-XV) », Studi medievali, 56/2, 2015, p. 595-637.

    L’article étudie la pénétration du discours médical savant dans la société, en prenant pour exemple principal les statuts municipaux de plusieurs localités situées dans le patriarcat d’Aquilée (correspondant plus ou moins aux actuels Frioul et Slovénie). L’enquête conclut que la théorie des humeurs et autres conceptions médicales ont réellement informé les pratiques alimentaires d’une part non négligeable de la population.

    - DELSOUILLER Marlène, « Trop boire et trop manger. L’iconographie de la gloutonnerie dans l’enluminure des XIVe et XVe siècles », dans Représentations et alimentation : Arts et pratiques alimentaires, éd. Dominique POULOT, Paris, CTHS, 2015.

    Article présenté lors du 138e congrès du CTHS (Rennes 2013), « Se nourrir. Pratiques et stratégies alimentaires ». Édition en ligne disponible sur le site du CTHS.

    FERRÃO José E. Mendes, Le voyage des plantes & les Grandes Découvertes (XVe-XVIIe siècles), trad. fr. Xavier de Castro, Paris, Chandeigne, 2015.

    Cet ouvrage, écrit par un professeur de l’Institut Supérieur d’Agronomie de Lisbonne, se situe au croisement de l’encyclopédie, de l’ouvrage de synthèse et du « beau livre » illustré de gravures d’époque. Après une introduction historique très générale, l’auteur passe en revue une soixantaine de plantes (fruits, épices, tubercules, etc.) qui ont « voyagé » entre la fin du Moyen Âge et le début de l’époque moderne. Les plantes sont réparties en trois grandes sections – plantes d’Amérique, d’Asie et d’Afrique – et font chacune l’objet d’une notice plus ou moins longue, de trois pages (muscadier) à une dizaine (agrumes). Le propos privilégie les sources portugaises (voyage de Vasco de Gama, ouvrage de botanique de Garcia de Orta), et tend parfois à exagérer la nouveauté de la présence de certains produits sur les marchés européens au XVIe siècle. La bibliographie recense principalement des titres en anglais et en portugais.

    - Food and Drink in Archaeology, 4, 2015.

    Le Moyen Âge reste assez peu représenté dans ce quatrième volume de la collection. Dans « The 1270 Durrës Earthquake Victims from the Roman Amphitheatre Excavations : A Global Palaeonutritional Study of an Anthropological and Archaeological Sample », une équipe italo-albanaise livre les résultats des analyses isotopiques des squelettes des victimes d’un tremblement de terre ayant eu lieu en 1270, pour une région (la côte orientale de la mer Adriatique) relativement peu étudiée sous cet angle. Dans « Provisioning and Diet in Hamwic (Mid-Saxon Southampton) : New Data and New Perspectives », Ben Jervis étudie l’approvisionnement d’un emporium anglo-saxon du VIIe-VIIIe siècle à partir des données archéozoologiques, paléoenvironnementales et céramiques.

    - Des fruits d’ici et d’ailleurs : regards sur l’histoire de quelques fruits consommés en Europe, éd. Marie-Pierre RUAS, Montreuil, Omniscience, 2016.

    La vingtaine de contributions que contient ce beau volume collectif sont en grande majorité archéologique, et concernent pour la plupart des périodes ou des espaces éloignés du Moyen Âge occidental : l’accent est mis en particulier sur la domestication des espèces depuis la Préhistoire. Pour la période qui nous intéresse, on relèvera plus particulièrement : S. Karg, « Fruit and nut choices in the medieval and early Modern Baltic countries. Taste preferences, purchasing power or climatic limitations » (p. 197-212) ; A. Durand et al., « Histoire et utilisations des mûriers blanc et noir en France. Apports de l’archéobotanique, des textes et de l’iconographie » (p. 213-266) ; J. Wiethold, « Red currant and black currant, new cultivated fruits in late medieval and early modern Europe. Historic and archaeobotanical evidence » (p. 267-284). L’article de M.-P. Ruas, « Lieux de cueillettes, lieux de cultures : les fruits à la croisée de chemins » (p. 287-322) porte plus sur la Gaule romaine que sur le Moyen Âge.

    - GASPER Giles E. M. et WALLIS Faith, « Salsamenta pictavensium : gastronomy and medicine in twelfth-century England », English Historical Review, 131/6 (553), p. 1353-1385.

    Cet important article se penche sur une collection de recettes présentes dans un ms anglais de la fin du XIIe siècle, avec édition et traduction de dix recettes (de viande, de volaille ou de poisson) incluses dans une collection de 244 recettes médicales, principalement salernitaines. Il s’agit donc à ce jour (2016) des plus anciennes recettes médiévales occidentales préservées. Ces salsamenta (sauces, condiments) se présentent donc comme des recettes de cuisine, mais avec une dimension médicale : elles s’adressent aux patients atteints de fastidium (dégoût de la nourriture), et sont donc médicales parce que gastronomiques. Les dix recettes sont acides et contiennent du vinaigre ou du verjus : de fait, les saveurs acides ou piquantes sont réputées stimuler l’appétit, et une recette de gingembre confit qui suit immédiatement a les mêmes vertus. On ne doit donc pas parler de recettes médicales, mais bien de recettes gastronomiques : elles ne sont pas élaborées dans un but thérapeutique, mais pour le plaisir du goût ; ce n’est qu’ensuite, et pour cette raison même, qu’elles ont un usage médical. Un tel usage médical des sauces est bien attesté dans les siècles suivants, par exemple pour la sauce verte et la sauce cameline. Le ms est conservé à Sidney Sussex College, Cambridge, et provient du prieuré cathédral de Durham. L’existence d’une culture culinaire liée à la diététique à Durham est attestée par un poème du XIIe s. écrit par le prieur Laurent, et la table de l’évêque Hugues du Puiset est alors réputée. Enfin, ces sauces sont dites « poitevines » : elles se réclament donc d’une région dont la culture aristocratique est alors prestigieuse ; de fait, plusieurs textes font alors référence à l’excellence de la nourriture en Aquitaine.

    - GAUTIER Alban, « Entre cuisine, médecine et magie : l’historien de l’alimentation face à quelques textes anglo-saxon », Revue belge de philologie et d’histoire, 93/2 (2015), p. 287-302.

    L’article porte sur le corpus des leechdoms, textes médicaux en langue vernaculaire copiés en Angleterre au Xe-XIe siècle. Plusieurs de ces textes contiennent des indications qui peuvent s’approcher de recettes de cuisine, et qui constituent des sources intéressantes pour l’historien de l’alimentation. Celui-ci ne peut cependant les aborder qu’avec d’importantes précautions de méthode.

    - GAUTIER Alban, « Butlers and dish-bearers in Anglo-Saxon courts : household officers at the royal table », Historical Research, 90/2, 2017, p. 269-295.

    Étude des « officiers de bouche » (échansons, bouteillers, sénéchaux) chargés de servir la table royale dans les cours anglo-saxonnes. De nombreuses comparaisons sont proposées avec les cours carolingiennes, capétiennes, ottoniennes.

    - HARVEY Katherine, « Food, drink and the bishop in medieval England, ca. 1100-ca. 1300 », Viator, 46/2, 2015, p. 155-176.

    L’article propose une réflexion sur l’attitude des évêques anglais du Moyen Âge central face à la nourriture, en particulier à travers la littérature hagiographique. En effet, les vies des neuf prélats anglais canonisés pendant la période présentent de nombreux épisodes touchant à l’usage des nourritures, aux pratiques ascétiques, au jeûne, au rapport au luxe, etc.

    - HARE John, « Inns, innkeepers and the society of later medieval England, 1350–1600 », Journal of Medieval History, 39/4, 2013, p. 477-497.

    Comme son titre l’indique, cet article propose un regard sur une institution et une catégorie professionnelle souvent négligés : les auberges et les aubergistes. La recherche est menée à partir d’une documentation essentiellement urbaine provenant de plusieurs régions méridionales de l’Angleterre. Ce travail est clairement un premier jalon dans une étude qui promet d’être plus vaste.

    - JERVIS Ben, WHELAN Fiona et LIVARDA Alexandra, « Cuisine and Conquest : interdisciplinary perspectives on food, continuity and change in 11th-century England and beyond », dans The Archaeology of the 11th Century. Continuities and Transformations, éd. Dawn M. HADLEY et Christopher DYER, New York, Routledge, 2017 (Society for Medieval Archaeology Monographs, 38), ch. 13, p. 244-262.

    La Conquête normande de 1066 et ses suites font partie des grands tournants de l’histoire de l’Angleterre : en est-il ainsi dans le domaine de l’histoire de l’alimentation et de la cuisine ? C’est la question que posent les trois auteurs de cet article, qui propose un tour d’horizon qui va bien au-delà des seules traces archéologiques de ces changements, et qui recourt en particulier au témoignage des traités de savoir-vivre.

    - LECOUTRE Matthieu, Le goût de l’ivresse : boire en France depuis le Moyen Âge (Ve-XXIe siècle), Paris, Belin, 2017.

    - Merci pour les restes ! Archéologie des habitudes alimentaires à la fin du Moyen Age à Valenciennes (XIVe-XVIe siècles), éd. P. KORPIUN, A. TIXADOR et D. DELASSUS, Gand, Snoeck, 2016.

    Catalogue d’une exposition qui s’est tenue au Musée des Beaux-Arts de Valenciennes en 2016. Les habitudes alimentaires des Valenciennois à la fin du Moyen Âge sont passées en revue à partir des déchets des dépotoirs : restes alimentaires, restes de préparation, ustensiles de cuisine et de table.

    - MONTANARI Massimo, Medieval Tastes. Food, Cooking, and the Table, trad. Beth Archer Brombert, New York, Columbia University Press, 2015.

    Un nouveau volume qui propose un tour d’horizon de l’alimentation médiévale. Il consiste en réalité en une collection de 18 essais plus ou moins indépendants, dont la plupart ont été publiés par ailleurs (malheureusement, sans que cela soit indiqué précisément). L’une des idées qui revient régulièrement dans le livre et qui scande la pensée de Montanari sur l’alimentation médiévale semble bien être la suivante : l’alimentation forme un système que l’on peut analyser comme un langage, avec sa grammaire, ses régularités, ses exceptions. On peut consulter la table des matières et lire le premier chapitre sur le site de l’éditeur.

    CR (très utile et détaillé) dans The Medieval Review, septembre 2016 (G. Dameron).

    - MONTANARI Massimo, La chère et l’esprit. Histoire de la culture alimentaire chrétienne, Paris, Alma, 2017.

    - MÜLLERS Fabian, Le Manuscrit de Sion. Cuisine médiévale, Bayeux, Heimdal, 2015.

    Suite de 131 recettes adaptées d’un manuscrit culinaire du XIVe siècle conservé à la Bibliothèque du Valais à Sion. L’intérêt principal du volume réside dans les reproductions presque complètes du manuscrit de Sion, très lisibles.

    - NICOUD Marilyn, « L’alimentation, un risque pour la santé ? Discours médical et pratiques alimentaires au Moyen Âge », Médiévales, 69, automne 2015, p. 149-170.

    L’article propose une synthèse sur les rapports entre alimentation et santé, à travers la notion de « risque sanitaire », qui est au cœur de la réflexion. Les sources envisagées sont avant tout les ouvrages médicaux, en particulier diététiques. L’auteure montre que les médecins ont su à la fois se faire porteurs d’un discours normatif transmis, et s’adapter aux habitudes de consommation des contemporains.

    - PFEFFER Wendy, Le festin du troubadour. Nourriture, société et littérature en Occitanie (1100-1500), Cahors, La Louve, 2016.

    - Plantes, produits et pratiques : diffusion et adoption de la nouveauté dans les sociétés préindustrielles, éd. Núria ROVIRA, Laurent BOUBY, Anne BOUCHETTE et Marie-Pierre RUAS, Actes des Rencontres d’Archéobotanique 20102010 - Université Paul-Valéry-Montpellier, 13-16 Octobre 2010, Monographies d’Archéologie Méditerranéenne, hors-série 8, Montpellier, 2017.

    L’ouvrage propose surtout des contributions en archéobotanique, portant sur l’Antiquité et le Moyen Âge. On notera en particulier l’article d’Emmanuelle Bonnaire sur la vigne et la viticulture en Champagne (p. 119-128), celui de Bénédicte Pradat et Marie-Pierre Ruas sur la culture du sorgho dans l’Aquitaine médiévale (p. 177-190), et celui de Pauline Burger et al. sur le cerisier (p. 207-222). L’article de Mohamed Ouerfelli sur le sucre et les confiseries au Moyen Âge porte sur le développement de la culture de la canne à sucre sur les deux rives de la Méditerranée occidentale, et repose principalement sur l’étude des textes (p. 191-206).

    - Pour une histoire de la viande. Fabrique et représentations de l’Antiquité à nos jours, éd. Marie-Pierre HORARD et Bruno LAURIOUX, Rennes-Tours, PUR-PUFR (coll. « Tables des hommes »), 2017.

    Ce gros volume réunit vingt-et-une contributions qui constituent les actes d’un colloque tenu à Tours en décembre 2012. Une section du livre est consacrée au long Moyen Âge, avec six chapitres couvrant la période Ve-XVIe siècle. Ramón Banegas López se penche sur la place mouvante de la viande de mouton dans l’alimentation en Catalogne, sur la longue durée (p. 151-160). Emmanuelle Raga étudie les représentations de la consommation de chair animale chez les élites chrétiennes de l’Antiquité tardive (p. 161-188). Alban Gautier et Alain Dierkens démontent le mythe historiographique de l’interdiction par l’Église de la consommation de viande de cheval au haut Moyen Âge (p. 189-212). Olivier Bauer montre, sur une très longue durée, comment la consommation de viande a pu être érigé en marqueur de l’identité chrétienne (p. 213-236). Benoît Descamps propose une étude sur la boucherie parisienne dans les derniers siècles médiévaux (p. 237-254). Enfin, Olivia Parizot étudie les usages de découpe de la viande en milieu curial, une pratique qui constitue un marqueur social jusqu’ici négligé par la recherche (p. 255-280).

    - RAMBOURG Patrick, « Pratiques alimentaires, savoir-faire et professionnalisme dans les métiers de bouche parisiens (fin du Moyen Âge et Renaissance) », Médiévales, 69, automne 2015, p. 87-104.

    Patrick Rambourg poursuit son exploration des métiers de bouche à la fin du Moyen Âge, avec ici un regard plus particulier sur les métiers du « prêt-à-manger » : l’étude des compétences techniques des artisans permet de mettre en lumière leur spécialisation croissante au cours de la période, et la construction d’identités professionnelles distinctes.

    - RAMBOURG Patrick, L’art et la table, Paris, Citadelles & Mazenod, 2016.

    Ce « beau livre » est un volume de la célèbre collection « L’Art et les Grandes Civilisations ». Il propose un panorama chronologique et thématique des représentations de l’alimentation, des arts de la table et des pratiques gastronomiques : fresques, décors de vaisselle, enluminures, gravures, tapisseries, tableaux. Sept chapitres concernent plus spécifiquement le Moyen Âge et la Renaissance : « De la romanité au haut Moyen Âge », « Le repas sacré », « La table profane », « Du péché de gourmandise au pays de Cocagne », « Marché et denrées », « Cuisine, cuisinier et cuisinière… », et « Pratique de la cuisine en peinture ». Comme tous les volumes de la collections, celui-ci est servi par des reproductions iconographiques de qualité.

    - WOOLGAR C. M., The Culture of Food in England, 1200-1500, New Haven, Yale University Press, 2016.

    Cette belle synthèse sur l’alimentation en Angleterre dans les derniers siècles du Moyen Âge est l’œuvre d’un historien qui s’est imposé au cours des dernières années comme une des principales voix de l’histoire de l’alimentation médiévale. L’intérêt principal de l’ouvrage consiste sans doute dans le fait que son auteur a su pleinement s’affranchir de la domination qu’ont longtemps exercé sur ce champ les sources émanant des milieux princiers et aristocratiques, pour prendre en compte la culture alimentaire d’une société dans toutes ses composantes (en particulier urbaines), et les interactions permanentes entre culture des hautes élites et culture des élites locales. En se concentrant sur une région particulière de l’Occident, il éclaire ainsi de façon très fine le rapport d’un peuple à la nourriture, en un temps et en un lieu relativement ciblés.

    CR (élogieux) de P. Freedman dans The Medieval Review, octobre 2016 (P. Freedman).

    Alban GAUTIER, Yann MOREL, 10 octobre 2017 | 4 octobre 2007
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